(Archive vidéo) La visite d'Hassan II en France et son discours devant le parlement français

(Archive vidéo) Réception dans l’Assemblée Nationale française de feu SM Le Roi Hassan II




En lui livrant «quelques réflexions sur l’évolution des institutions», le roi du Maroc, Hassan II, s’était adressé à l’Assemblée nationale à l’occasion d’une visite boycottée par le groupe communiste et une grande majorité des députés socialistes.

Applaudi à son arrivée dans l’hémicycle par les parlementaires de la majorité debout, le souverain marocain, en visite d’État en France, a qualifié les Constitutions successives, en France et au Maroc, «non pas de modèles mais d’expériences».
Une façon élégante d’affirmer, en filant une métaphore vestimentaire, que chaque pays avait droit à une constitution «taillée sur mesure», sans que cela exclût «une communauté de valeurs» comprenant, selon Hassan II, «le principe démocratique et le respect des droits de l’homme». Les députés français pouvaient difficilement attendre davantage d’un monarque de droit divin, venu d’un pays où la sacralisation du trône défend à quiconque de s’affirmer républicain. 




En présence d’Alain Juppé et d’une dizaine de membres du gouvernement, ainsi que, dans les tribunes, des présidents du Sénat, René Monory, et du Conseil économique et social, Jean Mattéoli, Hassan II a tracé une voie médiane entre l’indésirable «uniformité des institutions» et une «modernité hors d’atteinte» pour les pays en voie de développement.
Il a, aussi, rendu un hommage appuyé à Philippe Séguin, à l’origine de son invitation au Palais-Bourbon, qu’il a présenté comme «un humaniste avéré à la sensibilité méditerranéenne».
Le président de l’Assemblée, dans son discours de bienvenue, avait évoqué la profondeur historique des relations franco-marocaines, rappelant à la fois les anciennes dynasties marocaines, le souvenir du père de Hassan II, Mohammed V, «un grand roi qui aimait la France», et «ces magnifiques soldats marocains qui s’illustrèrent dans les Flandres, à Cassino, sur le Garigliano, en France, pour nous aider à reconquérir notre liberté».




Attribuant à Hassan II «une politique allant dans le sens de la promotion des libertés publiques», Philippe Séguin a commis un impair en parlant du mode de «recrutement» des députés marocains. 
Controversée, la réception solennelle du roi marocain partage désormais avec Bill Clinton et le roi Juan Carlos le privilège de s’être exprimé dans ce sanctuaire de la souveraineté populaire. Le groupe communiste s’en est tenu à son boycott annoncé, Georges Marchais ­ s’acharnant à appeler le roi du Maroc «président de la République»… ­ faisant une rare apparition comme pour donner plus de relief à cette sortie.
Quant au groupe socialiste, dont seulement un quart des députés ont été présents, il avait décidé dans la matinée d’écouter le discours royal «sans applaudir». Jean-Pierre Chévènement et Jean-Pierre Michel, du Mouvement des citoyens, ont, eux, applaudi le souverain chérifien.