(Vidéo) Du confinement au déconfinement: quels impacts sur la relation parents/enfants?

(Vidéo) Suicide: du confinement au déconfinement ou quand des adolescents recourent à l’extrême




La Fondation Attijariwafa bank diffuse sa sixième conférence digitale spéciale Covid-19, organisée sous le titre «Du confinement au déconfinement: quels impacts sur la relation parents/enfants?». Quatre spécialistes donnent leurs avis.




Cette rencontre virtuelle, inscrite dans le cadre du cycle «Échanger pour mieux comprendre» spécial Covid-19 organisé par la Fondation Attijariwafa bank, a réuni Houda Hjiej, pédopsychiatre, Houda Sayegrih, psychomotricienne, Sonia Benkabbou, psychologue, et Karim Ouali, médecin nutritionniste.
Le débat était modéré par Houda Farrahe, coach et directrice de l’Académie internationale de formation.
Les quatre spécialistes, selon leurs champs d’expertise respectifs et à la lumière des consultations avec leurs patients, ont, tour à tour, dressé un état des lieux de cette situation inédite sur les enfants ainsi que sur leurs parents.
Le déclenchement brutal de l’épidémie du Covid-19 et les mesures sanitaires mises en place très rapidement par les autorités ont bouleversé la vie de famille et passé l’effet de surprise, la situation a suscité angoisse et anxiété.




Surtout chez les enfants. «Lors du premier mois de confinement, avec l’arrêt des écoles, les enfants pensaient être en vacances. Mais dès le 2e mois, il y a eu une recrudescence des demandes de consultations», explique Houda Sayegrih.
«Face au prolongement du confinement, deux symptômes principaux sont apparus: l’agitation réactionnelle et les troubles attentionnels dus à leur surexposition aux écrans.
Les enfants n’ont pas les bons mots pour expliquer ce qu’ils ressentent, c’est leur corps qui a pris le relais pour exprimer leur anxiété», poursuit la psychomotricienne. De leur côté, les adolescents et pré-adolescents ont également eu leur part de souffrance.
Houda Hjiej fait état d’une «hausse des hospitalisations, des cas de tentatives de suicide et des troubles de conduite». Selon elle, «les adolescents ont besoin de se mettre en retrait pour s’autoréguler.




Or, le confinement ne leur a pas donné la possibilité de s’isoler pour réguler leurs émotions. Mais il faut reconnaître que sans les réseaux sociaux, l’impact aurait été plus grave.
Les adolescents ont ainsi réussi à garder un contact avec l’extérieur, les réseaux sociaux étaient leur seule échappatoire», remarque la pédopsychiatre.
À l’échelle familiale, cette situation inédite a surtout pesé sur les femmes qui ont dû jongler entre plusieurs responsabilités (familiales, professionnelles, scolaires). Aussi, l’effet négatif du télétravail n’est-il pas à négliger dans le sens où il a pris de l’ampleur dans l’espace-temps.
De ce fait, il n’y avait plus de limite entre vie professionnelle et vie personnelle. Cette nouvelle organisation a eu un impact certain sur la vie de couple et sur la dynamique familiale.




«Cette situation exceptionnelle a pris les parents de court, et son prolongement a suscité beaucoup d’inquiétude chez les parents, et plus particulièrement chez les femmes, qui ont eu à gérer leur angoisse personnelle, l’angoisse permanente liée à leur propre finitude et le stress lié au travail.
À travers mes consultations, j’ai aussi constaté une hausse des violences conjugales et des violences sur les enfants», souligne Sonia Benkabbou.
Les quatre intervenants ont formulé des recommandations pour cette période de déconfinement, mais aussi pour le cas où l’on serait amené à revivre une situation similaire dans le futur.
Ils ont insisté sur la nécessité d’ouvrir des espaces de parole pour les enfants pour qu’ils puissent exprimer leur vécu, et de produire des spots de sensibilisation destinés aux enfants et aux parents.