La situation épidémiologique devient inquiétante au Maroc

Ait Taleb: «La situation épidémiologique devient inquiétante, la restriction des déplacements durera 14 jours»




La situation épidémiologique liée à la pandémie de Covid-19 devient « inquiétante », compte tenu de l’augmentation des contaminations, des cas graves et des décès dus à la maladie, a affirmé à Rabat le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb. 1.046 nouveaux cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés dans le Royaume, du mercredi 29 au jeudi 30 juillet.




« Le bilan des cas contamination recensés en l’espace d’une semaine dépasse ce qui a été enregistré en quatre mois au Maroc », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse au lendemain de la décision d’interdiction des déplacements de et vers huit villes du royaume.

Cette nouvelle restriction durera au moins 14 jours, intervalle à laquelle sera réévaluée la situation épidémiologique, annonce le ministre. Tenant compte de la hausse considérable, ces derniers jours, des cas de contamination au Covid-19 dans plusieurs préfectures et provinces, il a été décidé, à compter du dimanche 26 juillet à minuit, d’interdire les déplacements de et vers les villes de Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech.




Le ministre appelle les citoyens à ne se déplacer qu’en cas de nécessité et à porter convenablement les masques. L’Aid n’a pas été annulé parce que l’aggravation de la situation épidémiologique est récente et a été rapide, précise encore Ait Taleb qui se félicite du bon déroulement des préparatifs de la fête sacrée dans une situation sanitaire stable.

Enfin, le ministre a souligné qu’aucun délai officieux de 48h pour permettre aux citoyens de voyager n’a été toléré, comme le laissaient entendre certaines rumeurs. « Le virus peut se propager en 24h, on ne peut pas se permettre d’accorder un délai », a-t-il rappelé.




1.046 nouveaux cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés dans le Royaume, du mercredi 29 au jeudi 30 juillet. Les cas testés positifs s’élèvent au nombre de 23.259. Voici le bilan de la propagation du Covid-19 au Maroc et à l’étranger, avec des infographies sur l’évolution de la pandémie.

1.046 nouveaux cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés au Maroc en 24 heures, portant à 23.259 cas le nombre total des personnes testées positives au nouveau coronavirus, annonce le ministère de la Santé, ce mercredi 29 juillet à 17h00.

Le ministère de la Santé a recensé 12 décès, mais 186 guérisons en 24 heures, portant le bilan officiel à 346 morts et 17.511 rémissions depuis le début de l’épidémie au Maroc, le 2 mars 2020.

Le nombre total des cas testés négatifs au Covid-19 après le résultat d’analyses effectuées en laboratoire s’élève à 1.207.936, ce qui porte le nombre global de tests de dépistage réalisés au Maroc, depuis le 1er mars 2020, à 1.231.195.

À quelques jours de l’Aïd Al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales, le Maroc a annoncé dimanche 26 juillet que les déplacements entre 8 grandes villes du Royaume sont interdits.

Au Maghreb, la situation devient inquiétante en Algérie qui a franchi à la fois la barre des 29.000 contaminations et celle de 1.100 morts, mais dont la petite capacité de tests quotidiens porte à croire que la situation réelle est bien pire.

Dans ce pays, 602 nouveaux cas de Covid-19 et 14 décès ont été enregistrés au cours des 24 dernières heures, ce qui porte le nombre de cas confirmés à 29.831, alors que le nombre de décès s’élève à 1.200, annonce jeudi 30 juillet une source officielle à Alger.




En Tunisie, le ministère de la Santé publique a annoncé ce jeudi 30 juillet 2020 l’enregistrement de 26 nouvelles contaminations. Le bilan des cas confirmés passe à 1.514. Celui des des morts provoquées par le Covid-19 demeure inchangé et se porte toujours à 50. 1.187 individus se sont totalement rétablis.

Pour la Mauritanie, les contagions poursuivent leur trend baissier avec 24 nouveaux cas enregistrés durant les dernières 24 heures. Le pays compte désormais un cumul de 6.273 cas confirmés, dont 4.776 guérisons et 156 décès.

Bien que moins impacté que le reste du monde, le continent africain fait face, depuis un mois, à une propagation rapide du Covid-19. L’Afrique devrait franchir ce jeudi 30 juillet la barre des 900.000 cas de Covid-19 confirmés. L’Afrique qui représente environ 15,5% de la population mondiale ne concentre que 5,2% des personnes officiellement atteintes du Covid-19.




Selon les données de CDC Afrique disponible à 16h, donc avant la publication de la majeure partie des statistiques enregistrées durant la journée, le continent comptait 892.682 cas confirmés au Covid-19 dont 542.288 guérisons et 18.887 décès.

L’Afrique du Sud recensait à elle seule 471.123 cas confirmés, soit presque 53% du total des cas confirmés du continent, devant l’Egypte (93.356 cas), le Nigeria (42.208 cas), le Ghana (35.501 cas), l’Algérie (29.229 cas) et le Maroc (22.213 cas).

Au Moyen-Orient, le nombre de cas confirmés de nouveau coronavirus en Iran est monté à 298.909 mercredi, après l’enregistrement de 2.636 nouvelles infections en 24 heures. La pandémie a coûté la vie à 16.343 Iraniens à ce jour, soit une hausse de 196 décès en l’espace de 24 heures. 2.405.862 tests de dépistage du Covid-19 ont été réalisés en Iran en date de mercredi. L’Iran a annoncé ses premiers cas de Covid-19 le 19 février dernier.




Dans le monde, la pandémie de coronavirus a franchi jeudi un nouveau et sinistre cap avec plus de 17 millions de contaminations, dont plus de la moitié dans trois pays (Etats-Unis, Brésil, Inde) et l’économie mondiale est désormais frappée de plein fouet par la récession qu’elle provoque.

Au moins 17.022.877 cas, dont 666.586 décès, ont été déclarés dans 197 pays, notamment aux Etats-Unis, pays le plus touché (150.713 décès), au Brésil (90.134 décès) et en Inde (34.968 décès), selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles mercredi.

La progression du virus continue de s’accélérer: un million de cas supplémentaires ont été détectés en 4 jours, et plus de 6,5 millions depuis le début du mois.




On est loin des 98 cas (et aucun mort) recensés dans 18 pays – hors de Chine où le virus est apparu – quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait décrété une urgence sanitaire internationale, le 31 janvier.

A cette date, rappelle jeudi l’OMS -très critiquée pour sa lenteur à réagir- seuls quatre pays avaient constaté des cas avérés de transmission d’humain à humain du nouveau coronavirus.

Six mois plus tard, la pandémie et les mesures de protection sans précédent -dont le confinement d’une bonne partie de la population mondiale -qu’elle a obligé à prendre font sentir leur impact dévastateur sur l’économie mondiale, réduisant des millions de personnes au chômage dans des secteurs comme le transport aérien, l’automobile ou la distribution.




Moteur de l’économie européenne, l’Allemagne connaît sa pire récession depuis l’après-guerre, avec un « plongeon historique » de 10,1% de son produit intérieur brut au deuxième trimestre, le double de la contraction enregistrée au plus fort de la crise financière de 2009.

Un net rebond est désormais attendu par les experts. En plus des mesures de soutien nationales, l’Allemagne compte profiter du plan de relance européen de 750 milliards d’euros, décidé par les 27 à Bruxelles mi-juillet.

En attendant, les nuages s’accumulent avec des pertes record, chiffrées en milliards d’euros, pour des fleurons comme Volkswagen, Airbus, Total ou Shell.




Le PIB des Etats-Unis au deuxième trimestre doit être publié jeudi, et il est attendu en baisse d’au moins 35%.

« Cette pandémie est le plus grand choc pour l’économie américaine de mémoire humaine », a souligné mercredi le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell.

« Du plus bas niveau de chômage en 50 ans au plus haut niveau depuis 90 ans, et cela en deux mois », a-t-il encore relevé, exhortant à soutenir encore davantage les ménages et les entreprises.

Le pays a enregistré mercredi près de 1.270 morts supplémentaires en une journée, et plus de 68.000 nouveaux cas. Plusieurs Etats comme la Californie, le Texas et surtout la Floride, ont dû faire marche arrière sur la réouverture de leur activité.




A Washington, un élu républicain réticent à porter un masque au Congrès américain a été testé positif au Covid-19 mercredi alors qu’il s’apprêtait à partir au Texas avec le président Donald Trump.

Au Brésil, un nombre très élevé de nouvelles contaminations en une journée a été enregistré, à 69.074, selon le ministère de la Santé.

Au Paraguay, le gouvernement a rétabli une quarantaine presque totale à Ciudad del Este, la deuxième plus grande ville du pays, à la triple frontière avec le Brésil et l’Argentine, en raison de la propagation des infections à coronavirus, provoquant la colère de la population locale.

En Europe, les Britanniques testés positifs au nouveau coronavirus ou en présentant des symptômes devront dorénavant s’isoler 10 jours, soit trois jours de plus qu’auparavant, afin de limiter d’éventuelles transmissions, ont annoncé jeudi les autorités médicales.




A Tokyo, la gouverneure de Tokyo a appelé jeudi les restaurants, bars et karaokés de la capitale japonaise à fermer plus tôt le soir pour tenter de contenir la pandémie qui regagne du terrain dans le pays.

Les experts estiment que la situation dans la métropole « est plus grave qu’auparavant », a déclaré Yuriko Koike. « Il n’y a pas un instant à perdre » pour agir, a-t-elle ajouté, rappelant que plusieurs foyers d’infection avaient été découverts à Tokyo.

Sur les côtes européennes, la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 « engendre un flux exceptionnel de migrants économiques », a averti mercredi le ministère italien de l’Intérieur appelant l’Union européenne à se saisir de la question « immédiatement ». Plus de 11.000 migrants ont débarqué en Italie la semaine dernière.

L’INSEE, l’institut statistique français, a révélé jeudi qu’entre fin mars et début avril, l’épidémie avait engendré en Europe un pic de surmortalité de 50% par rapport à une moyenne basée sur le nombre de décès la même semaine entre 2016 et 2019. Cette surmortalité a atteint 60% en France, 155% en Espagne, 91% en Belgique.