(Vidéo) Rachid Yazami, le marocain qui a révolutionné les batteries

Rachid Yazami, le scientifique marocain qui inventa l’anode graphite pour les batteries lithium-ion




Figure emblématique du monde scientifique en Afrique du Nord et dans le monde entier, Rachid Yazami, était cette semaine l’invité de l’équipe d’Inspire Middle East d’Euro News qui promeut les dynamiques technologiques. Pour ce Marocain d’origine, inventeur de l’anode en graphite utilisée aujourd’hui dans plus de 95% des batteries rechargeable au lithium-ion, le parcours mené jusque-là n’a pas été exempt de grandes difficultés.




Rachid Yazami qui occupe actuellement le poste de professeur en énergétique à l’Université de technologie de Nanyang à Singapour aime à rappeler ses deux mariages : le premier avec son épouse, le deuxième avec la science. Né à Fès, il est passionné de la science depuis son enfance.

Après ses brillantes études universitaires, il obtient son doctorat en France et invente à 26 ans, l’anode en graphite, un élément majeur dans le développement des batteries rechargeables au lithium-ion fortement utilisé aujourd’hui. « C’était une découverte passionnante dont je ne réalisais pas vraiment la portée à ce moment-là  », se souvient-il.

Et de poursuivre, «  Mais mes professeurs ont réalisé qu’en fait cela marquait un tournant dans l’histoire de la batterie et que nous pourrions désormais stocker du lithium dans du graphite et que c’était sécurisé.




C’était en 1980. Il aura fallu ensuite près de 11 ans avant qu’une société japonaise commercialise, en 1991, la première batterie lithium-ion ». 

Cependant, le scientifique marocain à qui l’on doit cette grande innovation ne bénéficie pas pour autant des retombées générées par le marché commercial des batteries lithium-ion que certains analystes estiment à plus de 70 milliards d’euros. «  Je pense que tous mes collègues, ceux qui connaissent l’histoire des batteries au lithium-ion, reconnaissent que je suis l’inventeur de l’anode graphite qui a permis les batteries rechargeables.

Maintenant, sur la question financière, je dirais non. Je ne suis qu’un pauvre scientifique et pour certaines raisons, à l’époque de cette découverte, en 1980, le gouvernement français en place ne considérait pas la technologie graphite comme une invention majeure  ».




Sa demande de brevet avait donc été rejetée. «  Sans dépôt de brevet, cela signifiait que les entreprises japonaises pouvaient utiliser mon invention gratuitement », fait observer le scientifique. 

En matière de perspectives, Rachid Yazami a déjà une idée précise sur la prochaine étape de ses recherches sur les batteries : « Si nous combinons les muscles avec le cerveau, nous pouvons fabriquer ce que j’appelle maintenant des batteries à capacité augmentée. En fait, c’est le cerveau qui gère la batterie.

Donc, premièrement, la batterie peut tenir plus longtemps. Ensuite, il y a la mobilité des voitures électriques, ce qu’on appelle la recharge rapide, assure-t-il. Rachid Yazami compte plus de 250 publications scientifiques et technologiques ainsi que plus de 150 brevets d’invention.




Il entend également apporter sa contribution au développement de nombreux projets de construction d’usines dites giga en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Selon le scientifique, les matériaux pour fabriquer ces batteries se trouvent principalement en Afrique, c’est le cas du cobalt par exemple. D’où l’intérêt des pays de la région qui investissent dans les batteries lithium-ion en tant que future alternative à la révolution énergétique.

Entre autres distinctions, le chercheur a reçu notamment, le prix Draper, l’équivalent du prix Nobel d’ingénierie, le prix de l’innovation scientifique dans le cadre de l’initiative Takreem en novembre 2018 et aussi, cette année, la médaille Mohammed bin Rashid pour l’excellence scientifique aux Emirats Arabes Unis.









Séquence à partir de 4 minutes 30





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