Vénézuela/Maroc: Les raisons du soutien du Maroc à Juan Guaido

Le Royaume réitère son soutien à l’opposition vénézuélienne et à Juan Guaido




Le ministère marocain des Affaires étrangères a réitéré son soutien à l’opposition vénézuélienne dirigée par Juan Guaido si l’on s’en tient au gazouillement émis sur le compte Twitter du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.




Le Royaume se joint ainsi aux voix des Etats-Unis et du groupe des Etats [créé en août 2017 et qui réunit 14 pays d’Amérique latine, ndlr]. «Le royaume du Maroc se joint aux États-Unis et au groupe des Etats créé en août 2017 (Groupe de Lima et qui réunit 14 pays d’Amérique latine, ndlr) pour soutenir le peuple vénézuélien dans ses efforts pour revendiquer ses droits», écrit la diplomatie marocaine.
Cette position a été favorablement accueillie par le Commissaire présidentiel pour les relations extérieures du gouvernement présidé par Julio Borges qui a également salué sur Twitter le soutien du royaume chérifien «à la cause démocratique» au Venezuela.




«Nous remercions le Maroc d’avoir rejoint la Déclaration commune dans laquelle le monde appelle à la tenue d’élections libres et à une transition au Venezuela. Le soutien à la cause démocratique et le rejet des manœuvres de la dictature pour tenter d’arrêter le changement auquel aspirent les Vénézuéliens sont consolidés», a ainsi réagi, Julio Borges.
À titre de rappel, les États-Unis, le Groupe de Lima, des pays européens et autres avaient renouvelé, la semaine dernière leur appel à une « transition rapide et pacifique » au Venezuela en proposant d’œuvrer à la levée des sanctions « dans un contexte de progrès politique ».




Ils avaient appelé toutes les régions du Venezuela à placer les intérêts nationaux « avant la politique » à même de garantir au Venezuela « un avenir pacifique, prospère et démocratique ». Les pays signataires de ce texte proposaient la mise en place d’un « gouvernement de transition inclusif » qui donnera lieu à des élections présidentielles.
« Les élections parlementaires en elles-mêmes ne présentent pas de solution politique; au contraire, elles peuvent polariser davantage une société déjà divisée », avaient-ils prévenu, faisant allusion au processus que prépare le gouvernement de Nicolas Maduro, convaincus en cela que « toutes les institutions de l’État vénézuélien » peuvent participer à ce processus.




Un processus dans lequel l’actuelle Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition, doit « remplir pleinement ses fonctions ». En guise d’incitation, ils avaient augmenté leur volonté de discuter de la levée des sanctions « dans un contexte de progrès politique », un engagement qui impliquerait surtout Washington, principal promoteur et exécuteur des sanctions contre Caracas ces dernières années.
Les pays signataires du texte ont regretté que « la situation humanitaire, sociale et politique au Venezuela continue de se détériorer » et ont offert de collaborer pour faire face à la pandémie de COVID-19 et résoudre la « crise humanitaire préexistante » sur la base de nécessité et non d’affiliation politique.




Depuis que Nicolas Maduro avait qualifié le Sahara de « territoires occupés », les relations entre le Maroc et le Venezuela se sont détériorées. Le royaume soutient M. Guaido reconnu comme président intérim du pays par une cinquantaine de pays dont les États-Unis et la France.

D’ailleurs, Calos Scull, représentant diplomatique de Juan Guaido s’était entretenu à Lima avec Youssef Bella, ambassadeur du Maroc au Pérou, sur les relations entre les deux pays en février 2019. Lors de cette rencontre, le diplomate vénézuélien a affirmé qu’il y aurait une « remise en état des traditionnelles relations d’amitié avec le Maroc.




Celles-ci ont été négativement affectées par l’ingérence du régime de Maduro au détriment de l’intégrité territoriale du Maroc ». 

Suite à un entretien téléphonique entre Nasser Bourita et Juan Guaido, Manuel Avendano, conseiller aux affaires étrangères de l’Assemblée nationale vénézuélienne contrôlée par l’opposition a déclaré à la presse que le Venezuela allait « reconsidérer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sous le gouvernement du président par intérim Juan Guaido ».