Covid-19 au Maroc: ces patients qui sont pris en charge trop tard

Covid-19 au royaume du Maroc: ces patients qui arrivent aux urgences pour y mourir




Des malades de la Covid-19 arrivent aux services des urgences dans un état critique, voire désespéré. Environ 20% de ces cas décèdent juste après leur admission en soins intensifs. Voici les raisons de cette catastrophe.




L’augmentation du nombre de décès des suites de la Covid-19 s’explique par la multiplication de plusieurs facteurs. Selon le docteur Tayeb Hamdi, vice-président de la Fédération nationale de la Santé, cette matrice s’explique par le facteur temps.
En effet, entre l’identification des personnes atteintes, le testing, les résultats, le traçage des contacts, la prise en charge, un long laps de temps s’écoule.
Sans oublier le comportement irresponsable de certains citoyens.
Dans un entretien accordé au quotidien Al Massae dans son édition du week-end des 5 et 6 septembre, le docteur Hamdi affirme que le résultat de la multiplication de ces facteurs est un taux de décès d’environ 20% des personnes malades quand elles arrivent aux urgences.




Dans ce lot, explique-t-il, les causes s’articulent autour du retard du dépistage et de la prise en charge. «Mais il y a aussi des cas qui prennent à la légère les symptômes jusqu’à l’aggravation de la maladie», a-t-il déploré.
Il y a également «ceux qui craignaient les mesures d’isolement à l’hôpital». S’ajoutent à cela, a-t-il fait remarquer, les dysfonctionnements du système de santé, notamment en ce qui concerne le suivi et le dépistage des personnes contacts.
Le contact tracing devrait être plus rapide. De même, ajoute-t-il, le nombre de dépistages, qui est aujourd’hui de 21.000 tests par jour, reste insuffisant eu égard à l’évolution de l’épidémie.
En France, par exemple, 100.000 tests sont effectués chaque jour et beaucoup plus en Allemagne.




Ce qui permet d’identifier les malades dès le premier stade et par conséquent de diminuer le nombre de décès, a-t-il indiqué. Autant dire que le nombre de tests effectués reste insuffisant.
Au moins 3.000 à 4.000 cas par jour ne sont pas détectés, a-t-il estimé. Quand ces personnes se présentent aux urgences, le virus a déjà détruit leur système immunitaire et ils arrivent dans un état critique, voire désespéré.
C’est à ce niveau que des efforts devraient être multipliés pour cerner l’épidémie et briser les chaînes de contamination. Ces facteurs sont aggravés par le comportement de certains citoyens qui ne respectent pas les mesures de sécurité sanitaires, croyant que la vie a repris normalement dès la levée du confinement.
Dans ce contexte, la prévention et le strict respect des mesures de sécurité sanitaires devraient être la règle.