Libye: Les «négociations de Bouznika», une opportunité de sortie de crise

Libye : Les « négociations de Bouznika » l’opportunité d’une sortie de crise




Le Maroc accueille, ce dimanche 6 septembre 2020, une rencontre entre deux délégations libyennes, représentant les parties en conflit, celle du Parlement libyen, basé à Tobrouk, dans l’Est, et le Haut Conseil de l’État, basé à Tripoli et censé être la chambre haute du parlement libyen en vertu de l’accord de Skhirat de décembre 2015.




Bien que l’on reste très discret quant à cette rencontre, il se murmure que les deux délégations composées de de 7 personnes chacune, tenteront de consolider le cessez-le-feu et relancer le processus politique.
C’est le Maroc (Bouznika) qui abrite l’évènement qui s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux et plus particulièrement ceux européens et du Royaume afin de permettre de décongeler les relations rompues depuis plus de 15 mois pour reprendre l’expression d’usage.
Stéphanie Williams, la représentante spéciale par intérim de l’ONU en Libye a effectué cette semaine une tournée à Rabat, Le Caire et Tunis, pour préparer cette reprise du dialogue avec les pays voisins. À la fin de chaque étape, elle a appelé au retour à la table de négociations.




Aussi pour peu que les tractations soient positives à Bouznika et les pourparlers libyens reprendront à Genève la semaine prochaine, après cette impulsion onusienne dont le Maroc et l’UE sont parties prenantes.
Le chercheur marocain et professeur des relations internationales à l’Université Mohammed 1er à Oujda a indiqué que cette réunion d’experts des deux comités de dialogue formés pour tenter de surmonter mes différends « confirme le rôle du Royaume dans le dossier libyen entre les parties en conflit, d’autant plus que Rabat est toujours restée dans la même position de neutralité vis-à-vis de la Libye ».
Selon l’universitaire, « le rôle du Maroc dans le dossier libyen, est rationnel et logique, la présence de parties techniques et d’expertise devrait confirmer ainsi la conviction des Libyens.




À savoir que l’esprit de l’accord de Skhirat est le modèle à suivre ». « s’il y a un besoin d’un modèle de plan de paix réussi dans la région du Maghreb au niveau institutionnel, les plus proches sont ceux du Maroc et de la Tunisie, où la transition démocratique et la structure démocratique interne sortent du chaos », estime-t-il.
Pour ajouter: « le Maroc peut présenter son expérience, sa stabilité et son expertise, mais les Libyens restent ceux qui doivent se décider à cet égard et être conscients de l’expérience qui mettrait fin à la crise au niveau interne».
Khalid Chiat souligne encore que la fin de cette dernière dépend de l’apport des experts et de « solutions réalistes qui garantissent les équilibres politiques en utilisant des mécanismes et en garantissant les intérêts libyens ».




Pour lui, « le conflit politique et militaire qui existe sur le territoire libyen ne peut conduire qu’à deux résultats, le premier étant l’absence de solution, et le second lié à l’ajout de nouveaux acteurs internationaux, d’extensions régionales, et d’autres intersections, ce qui fait des Libyens du bois de feu pour une guerre qui ne les intéresse pas ».
Cette rencontre entre experts libyens intervient à un moment où de nouvelles tractations devraient reprendre à Genève la semaine prochaine, à la suite des réunions intensives que Josep Borrell, représentant de la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne, a eues avec le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) et les membres du conseil de gouvernement à Tripoli.