(Vidéo) Ouïghours: le silence coupable du monde musulman

Ouïghours: le silence coupable du monde musulman




La répression que subit cette minorité passe après les intérêts économiques et politiques de l’Arabie saoudite, «gardienne des lieux saints» de l’islam.




Dans une déclaration conjointe signée en juillet 2020, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, Oman et plusieurs pays à majorité musulmane font l’éloge des actions conduites par la Chine et dénoncent une politisation de la question par les Nations unies.

Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de cette organisation internationale, le sort d’un demi-million d’individus appartenant majoritairement à la minorité ethnique ouïghoure demeure inconnu.

«Les pays du Golfe, tout comme l’Iran, participent activement à soutenir la politique du gouvernement chinois», s’indigne Dilnur Reyhan, présidente de l’Institut Ouïghour d’Europe.




Contactés, les représentants des affaires étrangères des pays du Golfe signataires de la déclaration commune n’ont pas répondu à nos demandes d’interviews.

Les experts s’accordent à dire que le Royaume d’Arabie saoudite, «gardien des lieux saints» de l’islam, a fait le choix de privilégier ses relations avec la Chine plutôt que la défense de la cause ouïghoure.

Réfugié en Turquie avec sa femme ouïghoure, un citoyen du Golfe qui souhaite conserver l’anonymat admet avec amertume: «Les États du Golfe sont maintenant très faibles économiquement, ils ne peuvent donc rien dire sur la Chine».




Face aux crises pétrolières à répétition, d’abord en 2014-2015, puis durant la crise du Covid-19, le modèle économique de la région s’effrite.

Si la Chine présente un débouché lucratif pour les exportations d’hydrocarbures dont l’économie régionale ne peut se passer, les dirigeants de la péninsule arabique souhaitent aussi capitaliser sur les investissements chinois dans les nouvelles routes de la soie, un vaste réseau d’infrastructures terrestres et maritimes qui relie Europe, Afrique et Asie.

Sur les cinq dernières années, la Chine a investi plus de 40 milliards d’euros dans les pays du Golfe, selon le China Global Investment Tracker.