Polémique en Tunisie pour l’ouverture de l’Université allemande au Maroc

L’ouverture de l’Université allemande au Maroc fait polémique… en Tunisie




Début septembre, l’université allemande annonçait son implantation au royaume du Maroc, sous le nom German University in Morocco (GUM) pour une formation 100% allemande.




Né d’un partenariat entre le groupe international Adam Riese et l’université bavaroise des sciences appliquées de Landshut en Allemagne, ce nouveau modèle permet aux étudiants d’être inscrits en même temps à German University in Morocco et à l’université des sciences appliquées de Landshut.
La German University in Morocco offrira un programme en total osmose avec celui en Allemagne et permet ainsi aux étudiants marocains de bénéficier d’une formation sans pareille sans pour autant se déplacer.
Aux dires du Président de l’Université des sciences appliquées de Landshut, « ce projet marque le lancement de l’exportation du système éducatif universitaire allemand dans la région africaine ».




« Les jeunes étudiants la région du Moyen-Orient et d’Afrique peuvent désormais bénéficier sur place d’un formation universitaire  »made in Germany » connue par qualité et son écoute pour les besoin du marché de l’emploi », a pour sa part souligné le Doyen de la faculté d’informatique de l’université de Landshut.
Jusque là tout allait bien, le projet avait tout l’air d’un partenariat gagnant-gagnant, et les deux parties ne cachaient pas leur enthousiasme, jusqu’à ce que l’ancien ministre tunisien de l’Education nationale, Slim Khalbous, vienne jeter un pavé dans la marre.




En effet, selon cet ancien responsable sous Youssef Chahed, cet établissement aurait dû s’implanter au Maroc, n’eut été la législation tunisienne « trop restrictive ».
Le projet d’une université allemande en Tunisie avait été évoqué en 2013 et avançait bien, a-t-il indiqué dans un post Facebook, mais « en dépit de ces avancées, les Allemands ont commencé petit à petit à prendre de la distance par rapport au projet lorsqu’ils ont eu connaissance de nos lois en matière d’investissement privé et étranger dans le secteur universitaire…
Quand j’ai convoqué leur ambassadeur, Andreas Reinicke, pour mieux comprendre leur réticence il a été clair.




+ces lois sont trop restrictives et compliquées pour nous…+ ». « En 2019, j’avais contribué à un projet de loi déposé par le ministère du développement et de la coopération internationale pour assouplir les conditions de création d’une université internationale en Tunisie.
Le conseil des ministres l’avait validée mais le parlement l’a hélas refusé et l’article en question a été retiré du projet de loi sous la pression d’un lobby politique populiste et de certains syndicalistes idéologues qui refusent le développement international du savoir sous prétexte d’une hypothétique perte de souveraineté nationale ! », a-t-il ajouté.









Cette publication de Slim Khalbous, a provoqué une vive polémique dans le pays du Jasmin, et fait couler beaucoup d’encre. Les réactions étaient telles que l’ambassade d’Allemagne à Tunis a dû sortir de son silence pour clarifier une situation, qui selon elle, était pourtant très claire.
Dans un communiqué, la représentation diplomatique a catégoriquement démenti « le transfert de ce projet au Maroc et a confirmé la poursuite des travaux en Tunisie ».
La création de l’Université tuniso-allemande, qui s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays, est maintenue et que les discussions se poursuivent sans interruption, a-t-elle fait valoir.




Elle a souligné que les deux pays entretiennent des liens étroits dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Et de préciser que « le projet au Maroc, qui a été récemment mentionné par certains médias, est un projet de coopération individuelle auquel le gouvernement allemand n’a pas participé, et il n’y a pas de lien ni de concurrence entre ces deux projets et les deux pays ».
De son côté, le ministère de l’Enseignement supérieur a assuré ni la partie allemande ni la partie tunisienne n’ont exprimé leur volonté d’annuler le partenariat. Il n’y a pas eu de correspondance allemande officielle sur l’annulation de ce projet.




Ni sur une quelconque intention d’implanter cette université dans un autre pays, a ajouté le ministère. Suffisant pour que Slim Khalbous fasse un pas en arrière, pour dénoncer la « récupération politique » faite de sa publication, et se réjouir que le projet soit maintenu.
Mais avant d’affirmer que pour lui « la Polémique est désormais close », il n’a pas pu s’empêcher de lancer une dernière pique, notant qu’en dépit de tout ce qui a été dit, une chose n’a pas été contestée:
« Les vraies raisons pour lesquelles l’université Tuniso-Allemande n’arrive pas à voir le jour alors que c’est un projet qui traîne depuis 2013… ».