France: un collectif de mosquées et d'ONG musulmanes met en garde Emmanuel Macron

France: un collectif de mosquées et d’ONG met en garde Macron contre «l’escalade délétère» visant les musulmans




Les propos d’Emmanuel Macron, tenus le 2 octobre, sur le «séparatisme islamiste», continuent de faire couler de l’encre. Un collectif de mosquées et d’ONG musulmanes met en garde le président français.




Ce vendredi 9 octobre, c’est au tour d’un collectif de mosquées et d’associations musulmanes de l’Île-de-France de faire entendre sa voix.
Cette structure met en garde le président français Emmanuel Macron contre «l’escalade délétère que prend le traitement de l’islam et des musulmans» en France, qualifiant de «flou» le concept de «séparatisme».
«Depuis plusieurs mois, les musulmans de France sont de plus en plus la cible des pires stigmatisations et invectives de la part de personnalités politiques et de certains médias qui ont fait de l’islamophobie un fonds de commerce, favorisant ainsi les amalgames et la suspicion de toute une frange de la société française», déplore ce collectif dans une lettre ouverte, transmise à l’AFP et dont se font écho plusieurs médias de l’Hexagone.




Le collectif, qui représente une cinquantaine de mosquées ou d’associations de l’Est parisien ou franciliennes (Rosny-sous-Bois, Aulnay-sous-Bois, Chelles, La Courneuve, Sevran, Neuilly-sur-Marne, Bussy-Saint-Georges, Sarcelles…), ainsi que la plateforme Les Musulmans (proche du Collectif contre l’islamophobie en France), a également appelé à un «dialogue constructif, loin de toute suspicion».
«Ce dont nous avons besoin, c’est un dialogue constructif, loin de toute suspicion, et non d’une mise à l’index continue à travers l’utilisation de concepts généraux flous comme islam radical, islam politique, ou plus récemment encore séparatisme», affirme le collectif en réaction au discours du président français sur la lutte contre le «séparatisme islamiste».




Le collectif dénonce en particulier une «volonté de mise sous contrôle des organisations musulmanes avec des contrôles systématiquement inopinés dans nos mosquées, salles de prières, écoles musulmanes (…) avec des moyens policiers dignes d’une époque que nous pensions révolue».
«Pourtant (…), les musulmans, dans leur écrasante majorité, vivent en paix et en harmonie dans la société française et respectent le cadre laïc et les lois de la République», assure le collectif.
«La stigmatisation et le harcèlement que subissent les femmes musulmanes ayant décidé de porter un foulard pour vivre leur foi librement est devenue insoutenable», ajoute le collectif. «Cette pression n’est plus acceptable et doit cesser immédiatement», affirme-t-il.




Selon le collectif, son initiative est soutenue par des fédérations comme le RMF (proche du Maroc) d’Anouar Kbibech, ex-président du Conseil français du culte musulman, le Milli Görüs turc, ou encore l’association Foi et Pratique (ultra-rigoristes du Tabligh).
Une semaine après le discours du président français sur le séparatisme islamiste, les réactions sont vives et critiques contre une phrase en particulier: «l’islam est en crise dans le monde entier».
Emmanuel Macron a par ailleurs déploré des «interventions extérieures» qui ont poussé à la radicalisation de certains. «Chez nous comme à l’étranger, wahhabisme, salafisme, Frères musulmans, beaucoup de ces formes étaient au début pacifiques pour certaines, mais elles ont progressivement dégénéré dans leur expression. Elles se sont radicalisées», a déclaré le président de la République française.