Le président algérien s’attaque au Maroc

Le président algérien s’attaque au Maroc sur le Sahara, la Libye et le Mali




Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, s’est attaqué, une fois de plus, au Maroc dans une allocution destinée aux hauts gradés de l’armée de son pays en évoquant les conflits régionaux où la diplomatie marocaine a été saluée.




Effectuant une visite samedi au siège du ministère algérien de la Défense, le chef d’Etat a donné ses instructions et énoncé les principaux sujets internationaux sur lesquels se concentrent son mandat.

Devant les hauts gradés de l’armée algérienne avec à leur tête Said Chengriha (devenu chef de l’Etat major de l’armée suite à la mort de Gaïd Salah et qui a fait sa carrière aux frontières avec le Maroc, ndlr), Abdelmadjid Tebboune n’a pas manqué d’attaquer le Maroc frontalement mais aussi dans des insinuations.

Celui qui affirme à la presse étrangère que « l’Algérie n’a aucun problème avec le Maroc frère », a pourtant multiplié les attaques envers son « frère » qu’il a pris pour cible pendant de nombreuses années en nourrissant les aspirations séparatistes de certaines populations du sud marocain.




Attaques frontales envers le Maroc

C’est sur le sujet du Sahara justement que le président algérien est sorti de gonds, « quarante-cinq ans sont déjà passés sans qu’une solution ne soit trouvée. Le référendum d’autodétermination constitue l’unique issue », a-t-il déclaré en affirmant que le dossier du Sahara était la priorité internationale de son gouvernement.

Il s’agit de la deuxième fois que le président algérien mentionne l’option du référendum qui n’a plus été mentionnée depuis de longues années par le Conseil de sécurité de l’ONU, depuis que l’ex-Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Peter Van Walsum, a affirmé qu’elle était irréalisable.

« Force est de constater, avec regret, que depuis la démission de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Kohler, le processus de paix onusien est sur une voie semée d’embûches », a-t-il affirmé.




Et d’ajouter « j’ai d’ailleurs adressé, il y a quelques jours, une lettre au Secrétaire général de l’ONU pour l’exhorter à hâter la désignation de son Envoyé personnel et à relancer le processus de règlement de la question du Sahara Occidental ».

Il a réclamé une fois de plus, la nomination « dans les plus brefs délais » d’un nouvel envoyé spécial pour la « relance du processus de négociations entre les deux parties au conflit », a-t-il déclaré faisant l’impasse sur le fait que l’Algérie fait également partie du conflit.

Pour rappel, il appelé à la nomination d’un nouvel envoyé spécial en février dernier lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba où il affirmé avoir « exhorté » Antonio Guterres à nominer un nouvel envoyé spécial. Plus récemment, il l’avait fait en septembre à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies qui s’est faite par vidéo-conférence.




Critiques sur le dossier libyen

Abdelmadjid Tebboune a également visé le Maroc indirectement lorsqu’il a évoqué d’autres conflits régionaux, notamment au sujet de la Libye et du Mali. Concernant la Libye, il a estimé encore une fois qu’ « il n’y a qu’une seule solution en Libye ». Il a proposé l’organisation d’élections législatives, estimant qu’il est « urgent d’éteindre le feu en Libye », ajoutant qu’à part les élections législatives « il n’y a aucune solution, sauf pour perdre du temps et aggraver la crise ».

La solution préconisée par le chef d’Etat algérien est tout à fait semblable à la stratégie du « fait accompli » qui l’a hissée au pouvoir grâce à un taux d’abstentionnisme historique car pour rappel, au plus fort de la crise algérienne, le peuple avait convenu de boycotter une présidentielle avec les mêmes symboles du pouvoir.

Sans citer le Maroc, Abdelmadjid Tebboune a critiqué les efforts de médiation du royaume qui a accueilli en septembre et en octobre le dialogue inter-libyen.




C’est là où les deux parties en conflit se sont mises à table pour décider des mécanismes de nomination des postes de pouvoir. À noter que le royaume du Maroc a toujours plaidé pour une solution inter-libyenne sans intervention étrangère dans le règlement de la crise, et c’est en ce sens que Rabat n’a fait qu’accueillir les dialogues des deux parties.

« Il est clair que dans le dossier libyen, neuf ans après l’effondrement de ce pays et de ses institutions, il n’y a pas encore de solution, parce que toutes les solutions proposées sont partielles » en faisant référence à l’initiative marocaine qui a pourtant été saluée par les instances internationales et par de nombreux pays.

« Toute autre solution est une perte de temps… Réunir cinq personnes par-ci, par-là » ne résoudra pas le problème, a-t-il insisté, en critiquant le format du dialogue inter-libyen qui a accueilli effectivement 5 personnes pour chaque partie du conflit.




Problème d’ego sur le Mali

Le président algérien a poursuivi ses lancés de piques visant le Maroc en mentionnant le récent conflit au Mali. Abdelmadjid Tebboune n’a semble-t-il pas apprécié les éloges faites au Maroc suite à la visite du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, au Mali.

« Ce n’est pas une coopération qui date d’aujourd’hui, c’est depuis l’indépendance du Mali que le Royaume accorde le même soutien et le même accompagnement à l’endroit du peuple malien », avait déclaré il y a quelques jours l’influent Imam Dicko en parlant du Maroc. « À toutes les occasions où le Mali traverse des situations difficiles, le Maroc est le premier pays qui vient au secours du Mali », a-t-il affirmé.

Retorquant à ce que l’Imam Dicko avait déclaré sur le Maroc, Tebboune a déclaré devant ses généraux que « l’Algérie est le seul pays au monde qui connait parfaitement le Mali. Lorsque personne ne connaissait le Mali, l’Algérie y était présente (…) non pas dans le cadre de plans expansionniste ou idéologique », a-t-il dit.




« Et maintenant des parties qui n’ont même pas de frontières avec le Mali manœuvrent et conspirent » dans ce pays, a-t-il déclaré en faisant référence au Maroc.

Depuis l’élection rejetée par le peuple Algérien du président Abdelmadjid Tebboune, la politique étrangère et surtout au niveau régional du pays renait de ses cendres avec une envie d’accaparer ou du moins mettre son grain de sel dans plusieurs dossiers. Pourtant, force est de constater que la diplomatie algérienne a été totalement absente depuis plusieurs années, selon les observateurs internationaux.

Face à un virulent mouvement de contestation populaire, le Hirak, qui n’aura pas cédé à l’oppression du régime pendant un an, le président Abdelmadjid Tebboune n’a eu d’autre choix que de rediriger l’attention du peuple sur d’autres sujets en agitant le spectre de « conspirations » aux abords des frontières, pour faire oublier sa propre crise locale.