(Photos) Des saisonniers marocains pour sauver la clémentine corse

(Photos) Des saisonniers marocains pour sauver la clémentine corse




Le journal de l’Ile de Beauté, Corse-Matin, relevait en fin de semaine dernière que quelque 960 ouvriers agricoles marocains étaient attendus dans l’île de Beauté dans les prochaines semaines, pour sauver la récolte des fameuses clémentines corses et tailler les clémentiniers, grâce à un accord spécial entre les autorités françaises et marocaines.




Le premier vol (TO1902 de Transavia Airlines en provenance de Casablanca), avec à son bord 152 Marocains, est arrivé vendredi, à l’aéroport Bastia-Poretta. « Ces hommes viennent travailler en Corse depuis des décennies, assure Simon-Pierre Fazi, le président de l’AOP Fruits de Corse.
Normalement leur voyage est une formalité. Mais avec la Covid-19, l’organisation a été colossale ». Le dispositif d’acheminement de ces ouvriers agricoles consiste à les transporter par avions au nombre de cinq du Maroc (Casablanca vers la Corse via la compagnie Transavia (low coast).
Un second vol est arrivé hier mercredi et trois autres sont attendus d’ici au 26 octobre. « Nous sommes la seule filière de France à avoir obtenu une dérogation pour organiser une telle opération », précise Simon-Pierre Fazi.




L’opération dans sa totalité (transports et logements) devrait en coûter 500 000 euros à la filière AOP clémentines et elle est chapeautée directement par le cabinet du Premier ministre français.
Tous les ouvriers agricoles avant que de s’en aller cueillir les clémentines dans l’est de l’Ile de Beauté vont être dépistés au départ sur le sol marocain et à leur arrivée dans l’île.
Dans l’attente des résultats, les ouvriers seront isolés pendant sept jours : « Ils pourront quand même travailler mais nous allons faire en sorte de ne pas les mélanger dans les champs, expliquait François-Xavier Ceccoli, président du Giec Corsica comptoir, principal producteur de la filière dans l’île. Les exploitants se sont également engagés à les loger dans des habitations individuelles. »




Les employés vont aussi être transportés en car de l’aéroport jusqu’aux exploitations. Le protocole spécial habituel est appliqué en cas de test positif. Un hébergement touristique a été mis à disposition pour accueillir les personnes en quarantaine.
Avec un chiffre d’affaires annuel de près de 80 millions d’euros et une filière qui représente 95 % de la production nationale, les clémentines font partie du patrimoine de la Corse. Mais surtout de son économie.
« Les postes de cueillette n’intéressent pas la population de l’île car les conditions de travail sont très difficiles. C’est aussi et surtout un vrai métier. Très technique. Loin du passe-temps ou du job en extra », explique le président du Giec Corsica.




« Les postes de tailleurs nécessitent un véritable savoir-faire. Une coupe ratée sur un arbre peut perturber la production sur trois ans ». Voilà pourquoi les producteurs corses travaillent avec les mêmes employés depuis des années.
« Ils sont payés autour du smic, soumis au régime des heures supplémentaires et nous mettons gratuitement à disposition un logement ce qui leur permet d’épargner. C’est un système gagnant-gagnant ».
C’est une vraie épine qui se retire des pieds des producteurs corses ! La pandémie de coronavirus menaçait sérieusement la récolte de clémentines corses de cette année. Les cueilleurs devraient rester deux mois tandis que les tailleurs quatre mois. La récolte a débuté cette semaine.