Les pays européens dénoncent la construction de logements en Cisjordanie par Israël

Les pays européens dénoncent la construction de logements en Cisjordanie par Israël




L’approbation par Israël de la construction de nouveaux logements en Cisjordanie est « contre-productive » et « compromet » la reprise éventuelle d’un « dialogue », ont dénoncé la France, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Allemagne dans une déclaration commune des ministères des Affaires étrangère des ces pays.




« L’expansion des colonies viole le droit international et met encore plus en péril la viabilité d’une solution à deux États pour apporter une paix juste et durable dans le conflit israélo-palestinien », déplorent les ministères des Affaires étrangères allemand, français, britannique, espagnol et italien dans une déclaration commune.

Le ministère de la Défense, responsable des permis de construire dans les implantations, a fait avancer les plans de plus de 2 700 nouvelles habitations en Cisjordanie dans la journée de jeudi – mettant un terme à une session de deux jours qui a permis de donner un feu vert définitif ou préalable à presque 5 000 unités de logement au total.

Plusieurs centaines d’autres approbations concernant des maisons déjà construites illégalement, seront autorisées rétroactivement, selon La Paix maintenant.




Ces approbations amènent le nombre total d’unités de logement avancées cette année à 12 159 – un chiffre record, a fait savoir l’observatoire des implantations La Paix Maintenant, qui a précisé qu’il y en avait eu presque 4 000 de moins l’année dernière.

« Nous sommes profondément préoccupés par la décision des autorités israéliennes de poursuivre la construction de plus de 4 900 unités de logement dans les colonies de Cisjordanie occupée », écrivent les diplomaties européennes dans leur déclaration commune.

« Dans le contexte des développements positifs des accords de normalisation entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, il s’agit d’une mesure contre-productive », estiment les cinq pays européens. Ces nouvelles constructions « compromettent également les efforts des parties.




Celles qui visent à mettre en place des mesures de confiance entre les parties en vue de la reprise du dialogue […] Nous demandons donc l’arrêt immédiat de la construction de colonies, des expulsions forcées et de la démolition des structures palestiniennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie », continuent les cinq puissances européennes.

« Nous appelons les deux parties à ne pas prendre de mesures unilatérales, mais à reprendre un dialogue sérieux et des négociations directes sur toutes les questions relatives au statut final », concluent-elles.

Plus de 450 000 Israéliens vivent en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis 1967, où vivent également 3 millions de Palestiniens.




La plupart des implantations se trouvent dans des régions périphériques de la Cisjordanie qu’Israël ne conserverait probablement pas dans le cadre d’un échange de terres dans le cadre d’un accord de paix réaliste. « Si l’annexion ‘de jure’ est peut-être suspendue, l’annexion ‘de facto’ des implantations, elle, continue clairement », a fustigé La Paix Maintenant.

Les Palestiniens et la Jordanie voisine ont condamné ces nouvelles approbations, mercredi. Le porte-parole du président palestinien, Nabil Abu Rudeina, a déclaré que l’Etat juif exploitait l’amélioration de ses relations avec les pays du Golfe ainsi que « le soutien aveugle apporté par l’administration Trump ».

Les Palestiniens ont dénoncé mercredi une politique consistant à « voler la terre palestinienne », en « profitant du silence international, de la normalisation (…) et du soutien aveugle de l’administration Trump ».




Dans un communiqué émis jeudi, l’envoyé spécial des Nations unies, Nickolay Mladenov, a indiqué que la localisation des unités de logement approuvées était particulièrement troublante. « Les constructions d’implantations sont illégales au regard de la loi internationale et elles sont l’un des obstacles majeurs à la paix », a-t-il estimé.

« Ce nombre significatif d’habitations et leur localisation inquiètent grandement ceux qui sont attachés à faire avancer la paix israélo-palestinienne », a-t-il continué. La plus grande partie de la communauté internationale considère les constructions dans les implantations comme une violation du droit international.

Le président américain Donald Trump avait présenté fin janvier son plan pour un règlement au Proche-Orient, prévoyant notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain (30 % de la Cisjordanie) et des plus de 130 implantations juives, ainsi que la création d’un Etat palestinien.