Les efforts déployés par le Maroc pour lutter contre la corruption mis en avant lors d’un webinaire

Les efforts déployés par le Maroc pour lutter contre la corruption mis en avant lors d’un webinaire




Les efforts déployés par le Maroc en matière de lutte contre la corruption ont été mis en avant lors d’un webinaire organisé par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. Cette conférence virtuelle a été organisée sous le thème «Promotion de l’éthique publique et prévention de la corruption aux niveaux local et régional au Maroc», dans le cadre du Partenariat Sud-Med du Congrès.




Cette conférence virtuelle été l’occasion d’examiner les enjeux de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes pour prévenir les risques et maintenir la confiance envers les autorités locales et régionales.
Elle a donné la parole à des membres du Congrès, des représentants des associations nationales de pouvoirs locaux et régionaux ainsi que des autorités nationales du Maroc, et des représentants d’ONG concernées par ces questions, pour des échanges qui s’inscrivent dans le contexte des réformes et des projets en cours au Maroc.
Ceci sachant que le Royaume a lancé, en 2016, la «Stratégie nationale de lutte contre la corruption» (SNLCC) autour de cinq axes : gouvernance, prévention, répression, communication/sensibilisation, et formation/éducation.
Ce webinaire se tient dans le cadre du projet «renforcer la gouvernance démocratique au niveau local et régional au Maroc» mis en œuvre depuis 2019 par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, qui vise également à accompagner le processus de régionalisation.




Mais aussi à promouvoir la bonne gouvernance décentralisée ainsi que la mise en œuvre des mécanismes de participation citoyenne et le renforcement de la gouvernance démocratique au niveau local et régional au Maroc, a indiqué Andreas Kiefer, secrétaire général par intérim du Congrès, en ouverture de cette rencontre.
M. Kiefer a fait savoir que cette instance poursuit sa collaboration avec le Royaume depuis l’élaboration du cadre législatif pour la régionalisation avancée, ayant permis l’établissement de relations «solides» avec les élus territoriaux marocains et les autres parties prenantes concernées au sein du gouvernement et du Parlement.
Ce dialogue politique a donné lieu à l’octroi au Maroc du statut de partenaire pour la démocratie locale en avril 2019, qui offre aux pays partenaires un cadre privilégié de dialogue et de contact institutionnel avec leurs homologues européens, a-t-il expliqué.
Mohamed Boudra, président de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux et président de l’Organisation Cités et gouvernements locaux est intervenu à son tour.




Il a rappelé que le Maroc a entamé un «grand processus» de régionalisation et de décentralisation découlant de la Constitution de 2011, soulignant que le Royaume dispose de lois «parfaitement valables» pour garantir la redevabilité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Il a détaillé, dans ce contexte, les principales composantes de l’arsenal juridique marocain en matière de lutte contre la corruption.
Notamment le lancement de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, la loi sur la déclaration du patrimoine pour les élus et la loi sur le contrôle des dépenses de l’État et celle relative à l’accès à l’information.
Mohamed Yassine Daoudi, vice-président de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux a, quant à lui, souligné que l’éthique touche directement à la résilience des États et constitue un paramètre extrêmement important, estimant qu’en l’absence d’éthique, l’arsenal juridique aussi puissant qu’il soit peut être contourné.




Plusieurs chantiers ont été lancés en la matière au Maroc, a-t-il rappelé, en notant que l’élu souhaite que ces procédures soient renforcées davantage et être impliqué à leur mise en place.
Abdellah El Ghazi, vice-président de l’Association marocaine des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux a relevé pour sa part la dynamique enclenchée au Maroc ces dernières 20 années en matière de lutte contre la corruption, notant que le pays est devenu un «vrai chantier et laboratoire» d’initiatives propulsées dans le sillage de la Constitution de 2011.
Ce contexte institutionnel a donné ses fruits alors qu’un grand débat est ouvert sur le renouveau du modèle de développement, a-t-il expliqué, déplorant que la fracture numérique demeure l’un des principaux défis en matière de promotion de l’éthique publique.
À son tour, Yassir Chokaïri, directeur du Pôle partenariat et développement de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, est revenu sur les différentes missions de l’instance.




Elle a mis en place une feuille de route de six axes en vue de lutter contre la corruption. L’instance est «totalement disposée» à contribuer aux efforts visant à promouvoir l’éthique localement et régionalement, a-t-il affirmé.
Selon lui, malgré les réalisations indéniables obtenues et les évolutions enregistrées dans certains classements internationaux en matière de lutte contre la corruption, le Maroc continue de souffrir de l’ampleur du phénomène.
Toutefois, a-t-il assuré, le Royaume est engagé, aujourd’hui, dans une nouvelle ère pour combattre ce fléau porté par une détermination au plus haut niveau de l’État pour opérer un changement profond dans le processus de développement du pays et pour lutter contre la corruption.
Ahmed Bernoussi, secrétaire général de Transparency Maroc, a souligné, pour sa part, que le Royaume a connu plusieurs réformes depuis la Constitution de 2011 qui a ouvert un certain nombre de portes et d’horizons, relevant toutefois que beaucoup reste à faire.




Notamment en matière de lutte contre la corruption et la moralisation de la vie publique. De son côté, Chafika Affaq, analyste au Programme Gouvernance démocratique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Maroc, s’est attardée sur les défis du Maroc en matière de lutte contre ce phénomène.
Elle a rappelé que le Royaume est devenu État partie de la convention des Nations unies contre la corruption en 2007, faisant observer que les efforts déployés par le Maroc en ont fait l’un des pays les plus avancés dans la région arabe.
Ce leadership se reflète dans la ferme résolution renouvelée à combattre la corruption, l’engagement institutionnel permanent et les résultats de l’instance, malgré sa mission limitée et le rôle joué par la société civile, a-t-elle affirmé, faisant observer qu’il reste toutefois beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre ces objectifs.
La conférence virtuelle a été également l’occasion d’échanger sur la manière dont les élus territoriaux et leurs associations peuvent prévenir la corruption.




Mais aussi sur la manière d’appliquer les mesures anti-corruption et d’améliorer l’intégrité publique.
Ainsi, Andrew Dawson, porte-parole thématique sur la Promotion de l’éthique publique et la prévention de la lutte contre la corruption du Congrès, et Conseiller municipal de Cheshire Ouest et Chester (Royaume-Uni), a souligné l’importance de la promotion de la gouvernance locale qui permet, selon lui, de renforcer la transparence et réduire la corruption via notamment l’accès à l’information et la reddition des comptes.
M. Dawson a également insisté sur la nécessité de renforcer la confiance entre les élus et les citoyens, faisant observer que la promotion d’une gouvernance ouverte est un exercice difficile, qui exige entre autres de bien définir certaines notions comme le conflit d’intérêt et le népotisme.
Lui succédant, Marc Cools, membre du Congrès et conseiller communal d’Uccle (une commune belge et l’une des dix-neuf communes de la région de Bruxelles-Capitale), a rappelé que le concept de gouvernement ouvert repose sur trois piliers.




À savoir la transparence, la redevabilité et la participation citoyenne.
M. Cools, également ancien président de l’Association de la ville et des communes de la Région de Bruxelles-Capitale, s’est attardé sur l’expérience de sa commune dans le domaine de la gouvernance locale et la participation citoyenne qui, selon lui, enrichit le débat et permet d’éviter certaines erreurs.
Pour sa part, Ousseynou Ngom, coordinateur régional principal pour l’Afrique et le Moyen-Orient du Partenariat pour un gouvernement ouvert, a abordé les principes de ce Partenariat qui vise à améliorer la relation entre les citoyens et les gouvernements aussi bien au niveau local que régional et national.
Il a noté que ce partenariat constitue un outil que les élus au niveau local peuvent utiliser pour avancer dans les réformes liées à la promotion de la transparence et la lutte contre la corruption et à l’amélioration de la gouvernance locale et nationale.