Le Maroc durcit le contrôle des transporteurs routiers espagnols

Le Maroc durcit le contrôle des semi-remorques espagnols




Le Maroc a décidé de durcir le contrôle des semi-remorques espagnols. La présentation de la carte grise originale devient obligatoire. La mesure ressemble à une riposte non déclarée à la «franchise carburant», nouvellement imposée par l’Espagne aux routiers marocains.




L’affaire de la «franchise carburant» n’en est peut-être qu’à ses débuts. L’intensification ces dernières semaines des verbalisations à l’encontre des routiers qui dépassent la limite de 200 litres de gasoil «marocain» dans le réservoir, continue de provoquer des remous.

Le 19 octobre dernier, dans une lettre adressée aux ministres en charge du Commerce et du Transport, l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) a demandé au gouvernement d’intervenir auprès des autorités espagnoles afin de suspendre cette mesure qui, se défend-elle, risque de fragiliser les exportations marocaines.




«À partir du lundi 26 octobre 2020, les semi-remorques isolées en charge, originaires d’Espagne, seront soumises au contrôle exigé par le ministère de l’Equipement et du transport sur la base des contrats de coopération. L’entrée en territoire marocain sera interdite à toute société ne disposant pas de contrat de coopération avec une société marocaine.

Le contrôle sera basé sur les cartes grises et les copies de contrats», peut-on lire dans une note d’information diffusée par l’autorité portuaire de Tanger Med, point de transit incontournable pour les routiers marocains et espagnols.




Un pas de plus vers la réciprocité

«Le Maroc a toujours fermé les yeux en autorisant les semi-remorques espagnoles à circuler avec une simple copie de carte grise, alors que pour ce même type de véhicules sans moteur, les Marocains sont obligés de présenter une carte grise originale», explique ce professionnel du transport routier international.

La nouvelle mesure concerne uniquement les semi-remorques espagnoles autorisées à entrer au Maroc dans le cadre d’un contrat de coopération visée par les autorités des deux pays. En effet, il y a un accord signé en 2012 entre le royaume du Maroc et l’Espagne, relatif au Transport international routier.




Cet accord relatif au Transport international routier entre le royaume et l’Espagne offre la possibilité aux opérateurs espagnols liés par un contrat de coopération avec un tractionnaire marocain de garantir l’entrée des semi-remorques sur le territoire marocain sans être obligés de produire un document «MA», ce qui les exonère de puiser dans le contingent des autorisations bilatérales négociées chaque année entre les deux pays.

Sur ce point précisément, la Fédération du transport et de la logistique, affiliée à la CGEM, appelle à une révision de l’accord bilatéral avec l’Espagne, jugé «trop déséquilibré» à ses yeux.




Même si le nombre des autorisations délivrées chaque année aux routiers marocains et espagnols est le même, environ 85.000 en 2020, le deal fait pencher la balance en faveur des Espagnols.

Car si un transporteur espagnol a besoin d’une seule autorisation «MA» pour accéder au Maroc, son homologue marocain est contraint de puiser dans le contingent des autorisations espagnoles, en grillant autant de documents «E» chaque fois qu’il passe par l’Espagne, et ce, quelle que soit sa destination finale en Europe. C’est la raison pour laquelle la CGEM, à travers la fédération du transport, sollicite l’appui du gouvernement El Othmani pour négocier un nouvel accord multilatéral avec l’UE.