(Chronique) Liberté d’expression, la France contre l’islam

(Chronique) Liberté d’expression, la France contre l’islam




Vendredi 16 Octobre 2020, Samuel Patty 47 ans, fut décapité dans la rue à quelques mètres de son lieu de travail, après avoir montré en classe des caricatures du prophète de l’Islam (S.A.W.S.) faites par le « journal » satirique Charlie Hebdo, dans un cours traitant sur la liberté d’expression en France. L’assaillant, Abdouallakh Anzorov, un homme âgé de 18 ans, inconnu des services de police, aurait perpétré ce crime abominable au nom de l’Islam. Cette affaire énormément médiatisée partout dans le monde a pris une tournure inattendue après que le président de la république française Emmanuel Macron ait déclaré : «Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent.».




Dans le monde entier, nombreux sont les dirigeants de pays musulmans qui ont condamnés les propos tenus par le président français. Certaines personnalités connues du monde arabe, réclament (en grande partie sur Twitter) des excuses officielles de la part du président à tous les musulmans du monde.
Des manifestations ont aussi éclatés en Bangladesh, en Tunisie, et même au royaume du Maroc où des photos d’Emmanuel Macron ont été piétinés par des manifestants.
Le premier ministre marocain, Saad Dine El Otmani, a condamné les caricatures de Charlie Hebdo en déclarant: «La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane qui compte plus de deux milliards de fidèles dans le monde».




Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a quant à lui invité le président français à «se faire soigner», tout en incitant ses compatriotes à boycotter les produits français.

Une initiative saluée par un grand nombre de pays musulmans à travers le monde, au Qatar les produits français ont même été retirés de la vente. Il est très important de noter l’importance du prophète Muhammad (S.A.W.S) en Islam, et aussi pourquoi sa représentation est un coup porté à chaque musulman sur terre (soit environ plus de 24% de la population mondiale).
Effectivement, les représentations du Prophète sont clairement interdites par les lois musulmanes sunnites, et ce bien que dans le Livre Saint il n’y ait aucune mention sur le fait précis de représenter le prophète (S.A.W.S).




Ce qui en soit devrait être compréhensible et toléré, afin de ne pas offusquer les musulmans du monde et leurs croyances.
Il y a bien des manières d’exprimer son soutien envers ce professeur martyr, l’hommage national qui a été fait en son nom en est la preuve.
Cela dit, un président doit toujours faire en sorte de bien choisir ses mots dans ce genre d’événements afin de ne blesser personne; à ce stade, il est dur de savoir si le président français est ferme quant aux convictions de la laïcité et de la liberté d’expression en France, ou s’il n’est pas en train de mener une campagne électorale.




En effet, dans son discours en hommage à Samuel Paty, le président a mis tous les musulmans dans le même sac en déclarant: «Eux séparent les fidèles, des mécréants, lui ne connaissait que des citoyens. Eux se repaissent de l’ignorance. Lui croyait dans le Savoir. Eux cultivent la haine de l’autre. Lui voulait sans cesse en voir le visage.» en faisant référence aux «islamistes».
Était-ce par manque de tact, ou dans un but purement promotionnel en vue des prochaines élections présidentielles en 2022, nul ne saurait le dire avec exactitude.
Dans ce même discours, le président a parlé de la liberté d’expression et de son importance en France qui, d’après lui, a toujours défendu ce principe. Il est important de donner un exemple vivant (bien que très controversé) du deux poids deux mesures quand il s’agit de liberté d’expression en France.




L’artiste et humoriste Dieudonné M’bala M’bala.
Pendant plus d’une quinzaine d’années, l’humoriste fut traqué et chassé par la classe politique française de Sarkozy à Macron, pour cause « d’antisémitisme » alors que lui aussi ne faisait qu’appliquer son droit à la liberté d’expression.
Il est utile de se poser une question: pourquoi Dieudonné (humoriste) qui faisait des sketchs sur les victimes de la Shoah -entre autres- fut traqué comme une bête et eut plusieurs plaintes déposées à son encontre par des organisations tel que la Licra et la LDJ, au point d’être contraint à l’heure actuelle de ne plus pouvoir donner de spectacle.
Alors que Charlie Hebdo dont la première polémique sur les caricatures du prophète Muhammad (S.A.W.S) remonte à 2006 a eu le soutien inconditionnel de plusieurs gouvernements français sur plusieurs années ?




En rappelant une fois de plus que l’un est un humoriste, et que l’autre est un journal satirique. Où est donc la liberté d’expression que défend le président Macron dans ce cas ? Une fois de plus, nul ne saurait le dire avec exactitude.
Face à cette campagne de boycott des produits français, le royaume après avoir condamné les caricatures du prophète (S.A.W.S), n’a pas retiré les produits français des rayons des supermarchés, respectant ainsi les partenariats faits entre les deux pays. La France aura néanmoins eu droit au soutien de pays tels que la Belgique, le Canada, ou encore l’Inde.
Ce dernier a même soutenu les propos du président français. Sur Twitter le hashtag #WeStandWithFrance a exprimé son soutien face à la polémique au point même que certains internautes ont assurés que tous les musulmans sont des terroristes.




C’est à travers ces paroles que l’on se rend compte, une fois de plus, que l’islam est devenu un sujet d’actualité récurent partout dans le monde. Un monde déjà secoué par des crises financières et sanitaires, un monde de plus en plus en proie à la division. L’amalgame entre musulmans et terroristes est devenue monnaie courante.
C’est aussi souvent ceux qui ne connaissent pas l’Islam qui le critiquent avec virulence, et véhiculent des informations fausses et erronées à son sujet, faisant croire aux autres que l’islam est une religion brutale et conquérante visant à assiéger des pays et à tuer les infidèles, ce qui n’est bien évidemment pas le cas.
Sénèque avait dit : « Étudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. », il serait en effet préférable de ne critiquer une religion qu’après l’avoir bien étudiée.
Omar Barakate