(Vidéo) Caricatures: Macron dénonce des « manipulations » de ses propos et le boycott

(Vidéo) Caricatures: Macron dénonce des « manipulations » de ses propos et le boycott




Lors d’un entretien accordé à la chaîne Al-Jazeera diffusé ce samedi 31 octobre, le président français Emmanuel Macron a tenté de jouer l’apaisement, disant comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures du prophète Mohammed, mais qu’elles ne justifiaient pas la violence.




Au cours de cette interview de 55 minutes, doublée en arabe, accordée à la chaîne qatarie Al-Jazeera, très regardée dans le monde musulman où les manifestations se multiplient, le président français a dénoncé les « manipulations » autour de ses propos sur les caricatures du prophète Mohammed, « parfois de dirigeants politiques et religieux » qui ont laissé penser que ces dessins seraient « une émanation du gouvernement français » contre l’islam.

Emmanuel Macron a ajouté comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures du prophète Mohammed, mais qu’elles ne justifiaient pas la violence. « Les réactions du monde musulman ont été dues à beaucoup de mensonges.




Mais aussi au fait que les gens ont cru comprendre que moi, j’étais favorable à ces caricatures. (…) Je suis favorable à ce qu’on puisse écrire, penser, dessiner librement dans mon pays parce que je pense que c’est important, que c’est un droit, ce sont nos libertés », a affirmé le chef de l’Etat.

« Cela ne veut pas dire que je soutiens à titre personnel tout ce qu’on dit, qu’on dessine », a-t-il indiqué. Soulignant vouloir « l’apaisement », il a martelé ne pas vouloir « renoncer parce que ce serait inconstitutionnel et ce serait une perte de souveraineté pour nous terrible », tout en tenant à souligner qu’il n’y avait pas de « stigmatisation » du monde musulman en France.




« Pour cela, parce que les gens confondent cette position qui, à mon avis, est inattaquable avec le fait de les soutenir, ils se mettent à attaquer un État », a-t-il poursuivi.

« Mais je le dis aussi à beaucoup de dirigeants, en France la presse est libre », a-t-il insisté, ajoutant que « dans beaucoup de pays qui ont appelé au boycott, il n’y a plus de presse libre, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de possibilité de caricaturer mais pas seulement le prophète ou Dieu ou Moïse qui que ce soit, mais les dirigeants mêmes du pays ».

« On fait parfois la caricature de dirigeants étrangers, pas du pays où l’on vit parce qu’on a cassé les mains des caricaturistes ou des dessinateurs.




Parce qu’on a parfois tué des journalistes ou qu’on les a mis en prison. Ça n’est pas le cas de la France », a-t-il insisté. Concernant son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, il a estimé qu’il avait un « comportement belliqueux avec les alliés de l’Otan », ajoutant souhaiter que les « choses s’apaisent » et que le président turc « ne dise pas de mensonges ».

Il a également demandé « que le président turc respecte la France, respecte l’Union européenne, respecte ses valeurs, ne dise pas de mensonges et ne profère pas d’insultes », en pleines tensions diplomatiques entre les deux pays.