Des cliniques privées surfent sur la vague pandémique pour s’enrichir sur le dos de citoyens

Des cliniques privées surfent sur la vague pandémique pour s’enrichir sur le dos de citoyens




Dans un éditorial sur Chouf TV, Abou Wael Al Riffi a vertement tancé les pratiques scandaleuses de cliniques privées, qui imposent des tarifs exorbitants aux patients de la Covid-19, loin de tout contrôle, encouragées par un ministre de la Santé aux abonnés absents.




L’éditorialiste de Chouf TV pointe du doigt l’attitude des cliniques privées à Casablanca qui se livrent à des pratiques «scandaleuses» et surtout «illégales», en suçant le sang des patients atteints de la Covid-19. Ces cliniques surfent sur la vague pandémique pour s’enrichir sur le dos des citoyens.
Abou Wael Al-Riffi est très remonté contre un groupe de propriétaires de cliniques qui, selon lui, bénéficient de la complicité du ministère de la Santé. Ce département, dénonce-t-il, aurait cessé de remplir ses missions d’inspection et de contrôle, laissant ainsi des personnes vulnérables à la merci des marchands de la pandémie.
La capacité limitée des hôpitaux publics a poussé le gouvernement à autoriser le secteur privé à recevoir les patients de la Covid-19, mais à condition de se conformer à la tarification appliquée pour les autres pathologies. «Ce qu’il s’est passé est en réalité un vrai scandale», constate Abou Wael Al Riffi.




Il accuse de complicité le secrétaire général du ministère de la Santé. Le dernier scandale en date est lié à une clinique casablancaise, qui a exigé un montant exorbitant de 240.000 dirhams pour libérer la dépouille d’un pharmacien, décédé des suites de la Covid-19.
L’éditorialiste de Chouf TV cite aussi l’exemple de celui qu’il qualifie de «chef de la mafia des cliniques privées», qui trône aujourd’hui à la tête d’un empire de cliniques: Jerrada, Longchamps, Hôpital privé de Aïn Sebaâ, Aïn Borja, De Vinci, etc.
Abou Wael fait ici allusion au groupe Akdital, qui, poursuit-il, se permet d’appliquer une tarification assez spéciale. «Alors que le tarif du séjour en réanimation ne doit pas dépasser 2.500 dirhams/jour, ce groupe exige des patients une avance de 60.000 à 100.000 dirhams avant toute admission, soit en espèces, soit sous forme de chèques de garantie». Qui va dissuader ces suceurs de sang?




«Si cela s’était produit dans n’importe quel autre pays, le ministre de la Santé aurait démissionné. Des commissions d’enquêtes auraient pu être constituées. Les piliers du lobby des cliniques auraient pu être déférées devant la justice», lance l’éditorialiste. De plus, Abou Wael Al-Riffi accuse le ministre de la Santé de mentir, en affirmant que seule 36% de la capacité en lits de réanimation est aujourd’hui occupée par des patients traités pour le Covid-19.
Qui pourrait croire le ministre? Le Maroc dispose-t-il vraiment de 2.597 lits de réanimation aptes à être exploités immédiatement? Si c’était le cas, pourquoi frôle-t-on tous les jours des dizaines de morts?
Pourquoi les patients n’ont pas trouvé de lits de réanimation dans les hôpitaux publics? Pourquoi les patients se voient-ils à chaque fois obligés de se diriger vers la mafia des cliniques privées et payer 20.000 dirhams pour chaque nuit passée en réanimation?




Autre scandale révélé par l’éditorialiste de Chouf TV, le cas de la clinique Avicennes, qui s’est vue retirer l’autorisation d’exercer pour non-respect du circuit d’hospitalisation (au sein du service des urgences, les patients COVID ne sont pas séparés de ceux souffrant d’autres pathologies).
À en croire Chouf TV, le propriétaire de cette clinique, un ancien parlementaire istiqlalien, «refuse d’exécuter la décision de fermeture, pensant que les relations de son associé vont l’exonérer de se soumettre aux décisions des autorités».
Selon Abou Wael Al Riffi, le ministre de la Santé semble davantage occupé par une idylle amoureuse que par le sort de la ville de Casablanca. Malgré un bilan épidémiologique inquiétant, Khalid Aït Taleb n’a jamais visité les hôpitaux de la métropole.