Union Africaine: une manœuvre du représentant d’Alger déjouée

Union Africaine: une manœuvre du représentant d’Alger déjouée




Smaïl Chergui a tenté d’introduire des passages hostiles au Maroc, dans son rapport-jubilé à la tête de la Commission paix et sécurité de l’Union africaine (UA). Sa manœuvre, qui prouve qu’il sert un agenda, a été déjouée.




Ce qui était censé être un coup de canon a fait finalement pschitt! Un peu à l’image du baroud d’honneur auquel se prête le Polisario de l’autre côté du mur de défense marocaine dressé au Sahara, depuis l’intervention des Forces armées royales pour rétablir le trafic commercial et civil à El Guerguerat, le 13 novembre.

Smaïl Chergui qui s’apprête à rendre son tablier, abondamment entaché par ses hostilités envers le Maroc, de commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité a cherché de nouveau à manœuvrer dans ces couloirs de l’UA.

Chargé de préparer un rapport-jubilé sur les activités de cette commission et ses efforts visant à «faire taire les armes en Afrique» –thème du prochain sommet de l’UA prévu le 6 décembre–, il a tenté de glisser au moins trois passages hostiles au Maroc.

Dans son rapport initial, le diplomate algérien suggérait d’étendre la coopération de sa commission avec les secrétaires généraux adjoints au maintien de la paix et aux affaires politiques au territoire du Sahara marocain, mettant cette zone sur un même pied d’égalité que le Soudan du Sud ou encore le Sahel.




La ficelle est grosse quand on sait que cette Commission paix et sécurité va fusionner avec la Commission des affaires politiques dans la nouvelle architecture de l’UA, censée être entérinée lors de ce même sommet du 6 décembre, qui se tiendra finalement en visio-conférence.

L’intrusion d’un tel passage prouve que Smaïl Chergui sert la politique maladive de son pays envers le Maroc et non pas la paix sur le continent. Sa tentative a d’ailleurs tourné à l’humiliation dans le «circuit rédactionnel» de l’organisation panafricaine.

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, a dégainé le stylo rouge pour supprimer, tout bonnement, la phrase de l’Algérien du rapport final qui sera présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement africains qui se réuniront virtuellement dans deux semaines. Idem pour un autre passage du grimoire de Chergui dans lequel il voulait incruster une réaffirmation du «droit à l’autodétermination du peuple du Sahara.»

Ce diplomate soi-disant aguerri aurait dû réviser ses classiques pour se résigner au fait que l’option référendaire est devenue caduque dans la littérature du Conseil de sécurité depuis près de deux décennies…




Là encore l’Algérien s’est vu infliger une gifle. «Le président de la Commission de l’Union africaine appelle à la revitalisation du mécanisme de la Troïka et encourage le Commissariat Paix et sécurité, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, à apporter toute la contribution attendue de l’UA en appui aux efforts des Nations Unies», peut-on lire dans le texte final qui sera présenté au sommet. La référence à la Troïka par Moussa Faki n’est évidemment pas fortuite.

Ce mécanisme instauré par le sommet de l’UA en 2017 a clairement exprimé la position de l’Union par rapport au conflit du Sahara. «Il est du ressort exclusif de l’ONU», comme le martèle chaque rapport de l’UA où Chergui et ses comparses n’arrivent plus à caser le moindre mot au sujet du Sahara, si ce n’est dans un langage en adéquation avec les dernières résolutions du Conseil de sécurité.

L’avortement de la manœuvre de Chergui apporte la preuve du bien-fondé du retour du Maroc à l’UA.

Dirigée par Mohamed Arrouchi, ambassadeur représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l’organisation panafricaine, la délégation marocaine rend vaines les manoeuvres algériennes.




D’ailleurs, le roi Mohammed VI a affirmé dans son discours commémorant le 45e anniversaire de la Marche verte: «Grâce au retour du Maroc au sein de sa famille africaine, l’Organisation a clos, avec succès, le chapitre des manœuvres incessantes dont elle fut victime des années durant.

Depuis lors, l’Union africaine a adopté une approche constructive s’articulant autour d’un soutien plein et entier aux efforts déployés, en vertu d’un mandat exclusif par les Nations Unies, par son Secrétaire général et le Conseil de sécurité.»

La messe est dite. Ni Smaïl Chergui qui a fait de l’hostilité au Maroc un fonds de commerce, ni les autres caciques de la diplomatie algérienne ne peuvent plus diffuser leur fiel dans l’espoir de manipuler la communauté africaine sur le conflit du Sahara.

Chergui cherche sans doute, à travers cette ultime grossière tentative, à redorer son blason auprès du régime d’Alger où il aspire à un poste de responsabilité. La tâche sera très dure pour Chergui qui bénéficiait, en plus de ses émoluments de commissaire à l’UA, d’avantages substantiels à Addis-Abeba.




Les autorités algériennes mettent en effet à sa disposition, depuis 2013, une villa cossue, louée à 130.000 euros par an, tout en continuant à lui verser son salaire d’ambassadeur d’Alger accrédité à Moscou, un poste qu’il a pourtant quitté depuis plusieurs années. A Alger, Chergui va retrouver un ministère des Affaires étrangères tiraillé par des luttes sans merci entre différents clans.

Celui d’Abdelaziz Benali Cherif, ancien porte-parole du ministère, nommé ambassadeur en Argentine, ne lui fera pas de cadeau. Smaïl Chergui a la réputation d’un «mouchard» au sein du département dirigé par Sabri Boukadoum.

Quant à la doctrine consistant à manœuvrer sans relâche contre le Royaume du Maroc dans l’espoir d’être récompensé par le régime algérien, elle n’est pas toujours efficiente.

Particulièrement avec les nouveaux maîtres d’Alger qui ont tellement à faire pour placer les leurs ou récompenser leurs soutiens. Smaïl Chergui devrait garder à l’esprit le triste sort réservé à l’ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, l’impénitent scribouillard Amar Belani qui a noirci des kilomètres de pages contre le Maroc. Et au final, il s’est retrouvé dans un placard.