Dessalement de l'eau de mer: voici où en est le Maroc

Dessalement de l’eau de mer: voici où en est le Royaume du Maroc




À ce jour, le Maroc compte 8 stations de dessalement, mais dans un contexte de raréfaction de l’eau, le Royaume aura de plus en plus recours à ce procédé. La capacité de production annuelle nationale pourrait atteindre dans quelques années un milliard de mètres cubes.




Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le processus de dessalement de l’eau n’est pas nouveau au Maroc. Ce procédé est utilisé dans le Royaume depuis près de 50 ans. D’abord dans les années 70, avec les stations de déminéralisation d’eaux saumâtres (soit des eaux dont la teneur en sel est sensiblement inférieure à celle de l’eau de mer), puis dans les années 90, avec le procédé proprement dit de dessalement d’eau de mer.
«Les projets de dessalement ont commencé dans la zone sud du Maroc. Petit à petit, les avancées technologiques dans ce domaine ont permis de réduire les coûts et nous avons pu avoir des projets un peu partout. Un des derniers projets que nous avons réalisé est celui d’Al-Hoceima. Cette technologie est un véritable levier.




Ceci pour lutter contre les effets du changement climatiques. Dans le cadre du programme 2020-2027, il y aura trois nouvelles stations», explique Omar Benjelloun, directeur de la recherche et de la planification de l’eau au ministère de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau.
Trois nouvelles stations de dessalement verront le jour à l’horizon 2027, l’une dans la région du Grand Casablanca, d’une capacité de 300 millions de m³ par an, une dans la région de Safi, et une autre dans la région de Dakhla. «La future station de Dakhla est intéressante à double titre. Premièrement, c’est un projet mutualisé entre l’eau potable et l’agriculture. Sa production servira à l’irrigation de cultures à très haute valeur ajoutée et l’approvisionnement de la ville de Dakhla.




Deuxièmement, ce projet va être couplé aux énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne», souligne Omar Benjelloun. Aujourd’hui le coût de production d’un m³ d’eau dessalée au Maroc s’élève à environ dix dirhams, indique notre interlocuteur. Plusieurs paramètres influent sur ce coût, à savoir la qualité de l’eau, la capacité de production de la station et le coût de l’énergie. Plus la capacité de production est élevée, plus le coût est réduit.
Le coût énergétique, quant à lui, correspond à 60% du coût de production du m³. Plus le prix de l’énergie est bas, plus le prix est réduit. À ce jour, le Maroc compte 9 stations de déminéralisation d’eaux saumâtres et 6 stations de dessalement d’eau de mer actives avec une capacité totale de production d’eau déminéralisée de 90.400 m³ par jour.




Et avec une capacité totale de production d’eau potable dessalée d’environ 55.080 m³ par jour. Deux stations de dessalement d’eau de mer sont aussi en activités dans les complexes de l’OCP, situés à Laâyoune et à Jorf Lasfar. «Le plan national de l’eau, qui entre dans le cadre de la Loi n° 36-15 du 10 aout 2016 relative à l’eau, prévoit d’adapter la production de l’eau en fonction de l’intensité du changement climatique.
Nous pouvons atteindre jusqu’à 1 milliard de m³ si les prédictions de changements climatiques se confirment, c’est presque la moitié de la consommation annuelle nationale d’eau potable. Nous avons identifié les zones qui peuvent être basculées vers [un approvisionnement par de] l’eau dessalée», déclare Omar Benjelloun.