L'histoire des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël

L’histoire des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et Israël




Ce n’est pas la première fois que le Royaume du Maroc établit des relations diplomatiques avec l’Etat d’Israël. Des bureaux de liaison ont fonctionné par le passé, pendant six ans. Retour sur une parenthèse diplomatique.




C’était le 1er septembre 1994. Shimon Peres, alors ministre israélien des Affaires étrangères, est à Rabat pour l’inauguration d’un bureau de liaison israélien. La décision du roi Hassan II d’établir ces relations diplomatiques, à un niveau « subalterne » (comprenez sans ambassadeur), intervient un an après la mise en œuvre des accords d’Oslo.
Un accord historique, qui avait valu à Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, le prix Nobel de la Paix. En prenant cette décision, le Maroc était devenu à l’époque le troisième pays -après l’Egypte et la Jordanie- à établir des relations formelles avec l’Etat hébreu.
Mais dans les deux années qui ont suivi, deux autres pays arabes lui emboîtent le pas: le Qatar et la Tunisie autorisent Israël à ouvrir, sur leur sol, respectivement un bureau de liaison et une représentation commerciale. Dans ce bureau marocain, l’administration israélienne choisit d’installer un enfant du pays.




David Dadon, qui occupait alors le poste de directeur des relations avec les États arabes au ministère israélien des Affaires étrangères, est un juif marocain, originaire de Marrakech. Pendant six ans, il a chapeauté 25 fonctionnaires travaillant dans le «bureau de Rabat», dont 12 Israéliens.
Néanmoins, le 21 octobre 2000, suite au déclenchement de la deuxième Intifada, le Roi Mohammed VI a décidé de rompre les relations avec Israël, en signe de soutien aux Palestiniens et en protestation contre les violences israéliennes à l’encontre de civils dans les territoires palestiniens.
«En raison de l’échec du processus de paix dû à la violence israélienne contre les civils palestiniens depuis plusieurs semaines, le Maroc a décidé de fermer le bureau de liaison israélien à Rabat et sa représentation diplomatique à Tel-Aviv», rapportait alors l’agence officielle MAP, dans un bref communiqué.




«La décision marocaine a été motivée par l’attitude intransigeante d’Israël (…) qui a été illustrée par l’annonce de l’interruption du processus de paix», ajoutait la dépêche de l’époque. L’annonce de la réouverture de ce bureau de liaison, faite hier, inaugure un nouveau chapitre dans les relations entre le Royaume du Maroc et Israël.
Des rapports qui, il convient de le souligner, ont été maintenus tout au long de cette vingtaine d’années, essentiellement sur le plan culturel.
Le Royaume du Maroc a même accédé cette fois-ci à une vieille demande israélienne: l’établissement d’une liaison aérienne pour le transport des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens en provenance et à destination du Maroc. Le Royaume du Maroc reste néanmoins constant dans son rôle dans la défense des droits légitimes des Palestiniens.




Le souverain «a souligné que ces mesures n’affectaient en aucune manière l’engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste et sa détermination à continuer à contribuer efficacement et de manière constructive à une paix juste et durable au Moyen-Orient».
Par ailleurs, en tant que Président du Comité Al-Qods, le Roi Mohammed VI a souligné «la nécessité de préserver le statut spécial de cette ville et (…) insisté sur le respect de la liberté de pratiquer les rites religieux pour les adeptes des trois religions monothéistes».
En définitive, ce pas diplomatique franchi désormais par le Maroc ne fait que refléter son soutien à une solution fondée sur deux Etats vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité. Le Royaume devrait même aller plus loin cette fois-ci. La reprise des contacts officiels à travers ce bureau de liaison pourrait être suivie par l’instauration de relations diplomatiques à plus haut niveau…