Des ONG plaident pour un meilleur accès à la santé des migrants au Maroc

Des ONG plaident pour un meilleur accès à la santé des personnes migrantes au Maroc




Le Maroc est un pays de transit et de destination pour les personnes migrantes, majoritairement d’origine sub-saharienne. Il accueille ainsi sur tout son territoire une immigration de travail régulière, des étudiants étrangers, des personnes migrantes en situation irrégulière, « en transit » souvent depuis de longues années et enfin, des demandeurs d’asile et des réfugiés.




Selon l’OIM, en 2019, il y aurait plus de 98.000 personnes migrantes internationales résidant au Maroc dont 40.000 en situation irrégulière et 5.000 réfugiés. La problématique d’accès de ces migrants aux services sociaux, notamment de santé, a souvent été soulevée.
Dans ce sens, Oxfam et Handicap International relèvent que malgré des efforts dans la définition et la conduite d’une politique d’accueil par l’État, les besoins essentiels des personnes migrantes ne sont pas ou insuffisamment couverts et cette situation a empiré avec la crise de la Covid-19.
En effet, les deux organisations indiquent que les mesures de confinement et la fermeture des commerces et industries affectent particulièrement les personnes migrantes car elles limitent leurs opportunités d’accéder à un revenu minimum, souvent retirés d’emplois précaires, informels et/ou de la mendicité.




Parmi les besoins essentiels figure notamment l’accès aux services de santé. Les personnes migrantes, notent les ONG, sont confrontées à de nombreux problèmes de santé, physique ou mentale, du fait des conditions de la route migratoire, souvent périlleuses, ainsi que de leurs conditions de vie difficiles au Maroc.
Face à ce constat partagé par l’ensemble des acteurs intervenants dans ce domaine, Oxfam et Handicap International ont proposé la réalisation d’une étude «sur les déterminants socioculturels d’accès à la santé pour les personnes migrantes au Maroc».
Cette étude, menée par Economia- centre de recherche HEM, a mis en relief plusieurs éléments jouant sur l’accès à la santé, parmi lesquels on trouve l’hétérogénéité des expériences et des profils des personnes migrantes ou encore les difficultés à se repérer et s’orienter au sein du système de santé.




Mais pas que ! Il y a aussi les barrières institutionnelles et administratives auxquelles se heurtent les personnes migrantes en raison de leur statut, les barrières socio-culturelles relevant aussi bien du personnel de santé que des personnes migrantes ou encore les barrières économiques en raison des faibles revenus ou moyens dont disposent les personnes migrantes.
En temps de pandémie, alors que le système fait face à une pression accrue et que les conditions de vie des personnes les plus vulnérables se dégradent, plus que jamais, les deux organisations soulignent que l’accès à la santé constitue un droit inaliénable pour tous.
« Les réponses politiques, économiques et sociales destinées à garantir un meilleur accès à la santé, et ce de manière durable, doivent faire en sorte que l’aide parvienne aux personnes qui en ont le plus besoin.




Et ceci sans discrimination de sexe, de genre, de handicap, de nationalité ou de statut », plaident les deux organisations.
Pour répondre à cet enjeu collectif, plusieurs recommandations adressées à la fois aux acteurs publics, aux organisations internationales, à la société civile et aux partenaires au développement, ont été identifiées par Oxfam et Handicap international, notamment l’intégration de la couverture médicale universelle pour les personnes migrantes en situation régulière et irrégulière dans le cadre de la réforme de la protection sociale et de l’assurance maladie.
Il y a également la mise en place de groupes de travail « santé et migration » pluri-acteurs (directions de la santé, région, OSC, associations et communautés migrantes).




Ceci afin de définir et mettre en œuvre des réponses d’accès à la santé adaptées et coordonnées ainsi que la sensibilisation des personnels de santé à tous les niveaux de la pyramide sanitaire sur l’interculturalité, le parcours migratoire et son impact en matière de santé ainsi que de l’approche droits dans le domaine de la santé y compris en matière de santé mentale.
Enfin, les deux organisations préconisent la formation des personnels de santé aux enjeux de protection (prévention des abus, référencement des personnes en situation de danger ou risque de danger) et l’ajustement en conséquence les modalités d’accueil et de soins pour les groupes spécifiques (ex : mineurs non accompagnés).
Ceci afin de prévenir les risques d’abus ainsi que l’éducation à la santé et l’information des personnes migrantes sur le système sanitaire.