Sebta et Melilla: la stratégie marocaine

Sebta et Melilla: vers une souveraineté maroco-espagnole?




Dans le sillage des grands projets structurants lancés par le roi Mohammed VI pour développer les villes du nord du royaume, les présides de Sebta et Melilla seront ainsi asphyxiés. Ils finiront donc par tomber inéluctablement dans le giron d’une souveraineté partagée maroco-espagnole.




Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia avait rapporté le fait que le journal ibérique El Español avait réalisé un long reportage dans lequel il met en exergue les grands projets de développement actuellement en chantier ou déjà réalisés dans les nord du Maroc.
Le quotidien espagnol explique que ce boom économique fait suite au très grand intérêt que le roi Mohammed VI porte à ces régions, pour lesquelles il a lancé des projets de développement de grande envergure, qui ont déjà complètement changé la face de la région nord. Selon Al Ahdath, l’Espagne voit ces projets comme visant à étouffer économiquement les présides de Sebta et Melilla. Ce qui, à long terme, imposera à Madrid de négocier avec Rabat le statut futur de ces deux enclaves.




El Español décrit par exemple comment les nombreux projets de développement initiés à Nador ont envahi les environs immédiats de Melilla, qu’il s’agisse de l’agrandissement de l’aéroport Laroui, ou du projet de tramway qui entrera en service en 2025, et qui fera la navette entre l’aéroport Laroui et le port Ouest-Méditerranée en cours de réalisation, toujours à Nador.
Il est même prévu qu’une ligne de tramway relie la ville de Nador au centre-ville de Melilla, et plus exactement aura son terminus à la «Plaza de España». S’ajoutent à cela les projets touristiques de Marchica, mais aussi des projets de grands hôtels avec une capacité de 34.000 lits.




Mais aussi toutes les infrastructures de base qui vont avec (routes, autoroutes…). L’étouffement de Melilla est d’autant plus manifeste qu’il suffit au Maroc d’interdire son espace aérien aux avions décollant ou atterrissant à Melilla, pour que ces derniers soient obligés de se rabattre sur l’aéroport Laroui de Nador.
Pour ce qui est de Sebta, son étouffement a déjà commencé depuis la mise en service du port de Tanger-Med, qui a permis aux villes environnantes comme M’diq de connaître un essor économique sans précédent. Pour sa part, Fnideq, qui accueillera bientôt une nouvelle zone franche, va définitivement mettre fin à la contrebande qui faisait la prospérité du préside de Sebta.