Mohammédia: Démantèlement d'une mafia du pillage de sable

Une mafia du pillage de sable démantelée à Mohammédia




Les autorités de Mohammédia ont réussi à démanteler dans la soirée de mardi une mafia spécialisée dans le pillage de sable, le coup de filet fatal ayant été mené en plein centre-ville à la Corniche de Fédala a pris dans ses mailles du « gros poisson ».




L’arrestation, des individus en flagrant délit et la saisie de trois grands camions sont intervenues sur ordre et après une enquête menée par la « Caïda » chef du troisième arrondissement administratif en collaboration avec les services de tout le panel de l’autorité concernée par l’affaire (collectivité locale, agents d’autorité, Police Judiciaire, Forces Auxiliaires,…).
L’intervention a eu lieu après repérage de mouvements suspects de ces mêmes camions appartenant à une entreprise de construction s’affairant, ô comble d’ironie, dans la réhabilitation de la corniche de Mohammédia.
Cette action bien préparée a conduit à l’arrestation de trois chauffeurs, en plus du directeur de l’entreprise en charge de l’achèvement des travaux de réhabilitation de la Corniche de Mohammédia.




Aussitôt après les premières investigations, il est paru clair que l’affaire était liée à l’exploitation illégale des sables de plages qui plus est, l’était à d’autres fins que la réhabilitation de la corniche ce qui n’était pas non plus autorisé.
La police judiciaire poursuivant son enquête a eu vite fait de repérer où menaient les tentacules dont, certaines l’ont conduite à la commune de Ain Harouda, où il a été constaté que la société susmentionnée utilisait le sable de contrebande extrait de la plage du centre de Mohammédia dans son unité de ciment qu’elle avait bâti à des fins d’exploitation.
Il est à noter que les autorités avaient déjà enjoint l’entreprise à évacuer ses machines, d’une unité de ciment sans licence qu’elle avait construite à Mannesman Beach.




L’histoire ne dit pas encore à qui cette mafia à priori bien organisée vend ou recèle ce sable dérobé, ni lavé, ni dessalé, traité ou pas et non conforme aux critères du BTP, en plus de le transformer en ciment ou béton de piètre qualité en menaçant la sécurité des constructions. Faut-il le rappeler, Le sable, deuxième ressource naturelle la plus utilisée au monde après l’eau, est un composant essentiel du béton.
Le déclenchement de ce scandale peut conduire à la suspension des travaux de construction et de réhabilitation de la corniche de Mohammédia, étant donné que l’entreprise responsable est la même qui entreprend les travaux.
On doit une fière chandelle à la vigilance de la dirigeante du troisième arrondissement qui au passage est connue pour sa sensibilité aux problèmes de l’hygiène et de l’environnement, les quartiers sous sa coupole en savent des choses.




On ne remerciera jamais autant pour leur dévouement les agents de l’autorité de tous services de sécurité confondus qui ont contribué et qui contribuent toujours à mettre à nu les tenants et aboutissants de ce scandale relevant du domaine de la cupidité et de la corruption dont on se serait volontiers passés.
Faut-il rappeler que la moitié du sable utilisé chaque année dans la construction au Maroc, soit environ 10 millions de mètres cubes, serait extraite illégalement.
Des dunes entières de sable finissent par disparaître laissant place aux rochers. Tout notre littoral est menacé. Le suivi de la mise en œuvre de ses travaux de réhabilitation de la Corniche, rappelle–on, est assuré par le groupe «casa aménagement». Le projet est financé par un partenariat entre la communauté, le conseil de l’emploi et la direction générale des collectivités locales.