Réadmission des migrants de pays tiers: le Maroc dit non à l’Europe

Réadmission des migrants de pays tiers: le Maroc dit non à l’Europe




Le Maroc refuse de reprendre les ressortissants tiers qui atteignent l’Europe depuis son territoire. Cette demande de l’Union européenne a été donc rejetée.




La recherche d’un accord de réadmission a poussé la commissaire européenne aux migrations, Yiva Johansson à se rendre à Rabat ce mois-ci. Tant les arrivées dans les îles Canaries ont connu une forte augmentation.
Mais le ministère de l’Intérieur marocain a rejeté cette demande. «Le Maroc n’est pas dans la logique de la sous-traitance et insiste pour que chaque pays assume sa responsabilité envers ses ressortissants», a déclaré par courrier électronique Khalid Zerouali, le gouverneur chargé de la migration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur.
Le royaume a l’habitude de réadmettre en moyenne 15 000 de ses propres citoyens qui sont renvoyés chez eux par l’UE chaque année. En 1992, il s’était engagé à accepter dans un délai de 24h les ressortissants tiers de Ceuta et Melilla.




M. Zerouali a par ailleurs fait savoir que le Royaume du Maroc a empêché cette année 32 000 personnes de pénétrer en Europe, ce qui peut être comparé à quelque 74 000 tentatives d’immigration irrégulière l’année dernière.
Le resserrement des patrouilles marocaines le long de la côte Nord et l’effet de la fermeture des frontières en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19 ont poussé les réseaux de trafiquants à déplacer leurs itinéraires vers les îles Canaries, à 1400 km (870 miles) au large des côtes africaines, a-t-il affirmé.
Selon les autorités espagnoles, le nombre de migrants atteignant illégalement les îles Canaries cette année s’élève à 20 000, soit 10 fois plus élevé que l’année dernière. À en croire Mme Johansson, la moitié de ces arrivées provenaient du Royaume du Maroc.