La visite de la délégation américano-israélienne dans la presse nationale

La visite de la délégation américano-israélienne dans la presse nationale




La visite, à Rabat, d’une délégation israélienne dont les membres sont presque tous d’origine marocaine, est un évènement exceptionnel. D’autant que, lors de cette visite, les deux pays ont officialisé la reprise officielle de leurs relations.




«Allaaah Yebarek Fâmer Sidi» (soit approximativement: que Dieu accorde longue vie à Sa Majesté). Prononcée en darija, dans la pure tradition marocaine, par le numéro deux dans la hiérarchie du pouvoir israélien, Meir Ben-Shabbat, c’est une phrase que les Marocains retiendront sans doute pendant longtemps.
Cette manière dont le Conseiller à la sécurité nationale de l’Etat d’Israël s’est adressé au souverain concentre la quintessence de la marocanité (Tamghrabiyt).
Cette notion dépasse les frontières et fait fi de toutes les considérations politiques, lit-on dans une tribune publiée par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, dans son édition du jeudi 24 décembre.
C’est cette «Tamghrabiyt», cette nostalgie de son pays d’origine, qui a poussé le responsable israélien à s’exprimer spontanément en darija, à l’issue de cette audience royale, et à s’adresser aux Marocains dans leur langue commune en commençant son allocution par: «Mes frères marocains…».




C’et ce que souligne le quotidien qui, dans son édito de la même édition, affirme que Meir Ben-Shabbat voit cette journée du 22 décembre comme une journée historique, non seulement pour son pays et du point de vue politique, mais également sur le plan personnel.
«C’est un moment que nous attendions depuis des années et des années», a-t-il lancé sans cacher son bonheur. Cette courte intervention a touché tous les Marocains d’ici et d’ailleurs, poursuit l’éditorialiste.
Le quotidien rappelle, par ailleurs, une réalité qu’il n’a cessé de ressasser: les rapports des juifs d’origine marocaine à leur pays, où qu’ils soient, sont exceptionnels et incomparables.
Dans un dossier consacré à cet évènement, Al Ahdath Al Maghribia revient sur les moments forts de cette courte, mais intense, journée du 22 décembre. Tout dans cette journée a été exceptionnel, mais également bien préparé. Ce qui est normal, concède le quotidien.




Puisque cette audience royale accordée à des membres de la délégation israélo-américaine n’a pas été décidée du jour au lendemain.
C’est un processus qui a duré deux années. Tout a été mis au point dans les détails les plus minutieux: le cadre, le déroulement et la symbolique.
Pour le reste, poursuit le quotidien, l’audience a été suivie de la publication d’un communiqué du cabinet royal qui «met les points sur les i», notamment pour ce qui est de la position marocaine à propos de la question palestinienne.
Ensuite, il y a eu la signature de la déclaration conjointe et de six accords dont quatre avec l’État d’Israël, puis les allocutions des trois parties signataires. Meir Ben-Shabbat s’est dit ainsi «fier de se retrouver dans le Royaume à la tête d’une délégation israélienne officielle pour établir des relations avec le Maroc».




Comme il s’est dit convaincu que les «liens entre le Palais royal, et en fait l’ensemble des Marocains, avec les Juifs du Maroc constitueront un pont entre les deux pays, et l’une des fondations de la paix entre les deux peuples».
Le Conseiller principal du président des Etats-Unis, Jared Kushner, a exprimé, pour sa part, sa reconnaissance au roi Mohammed VI pour «son leadership visionnaire, qui place le Maroc et l’ensemble de la région sur une trajectoire très prometteuse».
Les deux pays, qui viennent de célébrer le 243ème anniversaire de la reconnaissance des États-Unis par le Royaume en 1777, entretiennent des relations «plus solides que jamais», a-t-il souligné.
S’arrêtant sur la question du Sahara marocain, Kushner a relevé que chacune des administrations américaines, depuis celle du président Bill Clinton, avait affirmé son soutien à l’initiative «sérieuse, crédible et réaliste» du Maroc pour une autonomie au Sahara.




De son côté, le quotidien Al Massae, qui a également abordé ce sujet dans son édition du même jour, publie des extraits du communiqué du cabinet royal. Le quotidien met toutefois en avant la position inchangée du Maroc par rapport à la question palestinienne.
Le Souverain, écrit le quotidien, a réitéré «la position cohérente, constante et inchangée du Royaume du Maroc sur la question palestinienne». Abordant la nature des relations entre le Maroc et Israël, le quotidien Assabah parle, dans son numéro du même jour, d’une «situation exceptionnelle».
Ces relations sont caractérisées par leur profondeur religieuse, culturelle et historique. C’est sans doute pour cette raison que la reprise, mardi, des relations officielles entre les deux pays est truffée de symboles dont le sens remonte jusqu’au règne de Mohammed V.
La plupart des membres de la délégation israélienne sont d’origine marocaine, précise aussi le quotidien.




C’est donc en toute logique que la délégation a entamé l’agenda de cette visite par un recueillement sur les tombes des deux défunts rois, Mohammed V et Hassan II.
Le quotidien, tout en brossant un portrait du Conseiller à la sécurité nationale de l’Etat d’Israël, Meir Ben-Shabbat, «l’homme des missions difficiles», évoque les accords signés entre les trois parties, le Maroc, Israël et les Etats-Unis, et passe en revue les grandes lignes de la feuille de route élaborée, pour les années à venir, par les trois pays.
Le quotidien Al Akhbar qui, de son côté, commente cet événement dans son édition du même jour, indique que, lors de l’audience royale accordée aux membres de la délégation conjointe israélo-américaine, le roi Mohammed VI a souligné «les liens particuliers avec la communauté juive marocaine, et notamment ses membres occupant des postes de responsabilité en Israël».
Le quotidien a, en outre, tenu à préciser que c’est le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, qui a signé, pour la partie marocaine, la déclaration conjointe annonçant la reprise des relations entre le Maroc et Israël.