La coopération militaire et sécuritaire, fer de lance de l'alliance Maroc – États-Unis

La coopération militaire et sécuritaire, fer de lance de l’alliance Royaume du Maroc – États-Unis




Parmi les nombreux domaines de coopération stratégique entre les États-Unis et le Maroc, le volet sécuritaire et militaire a toujours occupé une place de choix.




Des origines des États-Unis d’Amérique au XVIIe siècle, lorsque le Maroc a ouvert ses ports aux navires américains, alors en pleine lutte pour l’indépendance, aux exercices African Lion, Rabat et Washington ont toujours été sur une même longueur d’onde lorsqu’il s’est agi des enjeux sécuritaires majeurs de la planète.
Ces vingt dernières années, cette proximité s’est davantage renforcée dans le monde post-11-septembre, Rabat et Washington s’accordant rapidement sur l’importance d’une collaboration sécuritaire tous azimuts pour contrer le fléau du terrorisme.
Depuis 2004, le Maroc est en effet considéré comme un allié hors-Otan « majeur » des États-Unis, les deux pays ayant organisé conjointement un certain nombre de programmes de prévention et de lutte coordonnées contre les dangers transfrontaliers. Aujourd’hui, le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique déploient leur coopération stratégique dans le sens de la consolidation de l’interopérabilité entre les forces armées des deux pays.




Cette interopérabilité s’est particulièrement renforcée, ces dernières années, à travers des manœuvres militaires conjointes adossées à une coopération militaire exemplaire. Et les récentes visites de hauts responsables américains dans le Royaume ont été l’occasion de souligner l’importance stratégique de Rabat pour Washington tant aux niveaux sécuritaire que militaire.
Tout récemment, les deux pays ont signé un accord de défense qualifié « d’historique » des deux côtés de l’Atlantique. Intitulé « Feuille de route pour la coopération en matière de défense 2020-2030 entre le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique », cet accord a été signé à l’occasion de la visite à Rabat de l’ancien chef du Pentagone, Mark Esper, en octobre dernier.
Cette feuille de route décennale vise ainsi à consolider la coopération militaro-sécuritaire et à appuyer la décision Royale de renforcer l’industrie militaire nationale.




Le Maroc étant un acteur-clé contribuant à préserver le climat de sécurité et de stabilité en Afrique du Nord et sur la rive sud de la Méditerranée. Pour le Pentagone, cet accord a permis de « renouveler l’alliance entre les deux nations comme pierre angulaire pour la paix en Afrique ».
« Aujourd’hui plus que jamais, nos deux nations travaillent en étroite collaboration pour relever les défis d’un environnement de sécurité de plus en plus complexe allant de la lutte contre le terrorisme et d’autres menaces transnationales à l’instabilité régionale et aux défis stratégiques plus larges », avait déclaré Mark Esper à l’occasion sa visite dans le Royaume.
« Nous faisons cela ensemble pour promouvoir la sécurité, la stabilité et la prospérité de nos objectifs communs et de nos peuples », a-t-il affirmé. « L’objectif est de renforcer continuellement l’engagement de longue date et inébranlable de l’Amérique envers le Maroc et, par extension, envers l’Afrique », a souligné l’ancien secrétaire américain à la Défense.




L’un des aspects spécifiques de cette feuille de route est l’importance de l’exercice African Lion, qui attire des participants de tout le continent. « C’est un évènement-clé de formation et d’exercices pendant de très nombreuses années, pas seulement entre les Etats-Unis et le Maroc », a-t-il déclaré.
En plus du volet militaire, la coopération en matière du renseignement revêt aussi un caractère crucial pour Washington, comme en témoigne la récente réunion de l’ambassadeur américain à Rabat, David Fischer, avec le Directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Abdellatif Hammouchi.
En effet, au cours de cette réunion, les deux parties ont évoqué les différents sujets sécuritaires d’intérêt commun, notamment les mécanismes de coopération et de coordination en matière de lutte contre les risques du danger terroriste, l’extrémisme violent, le crime organisé et leurs liens croissants dans la région de l’Afrique du Nord et du Sahel.




Les deux parties ont aussi abordé les moyens à même de mettre en valeur cette coopération devenue un modèle à suivre dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.
Elles ont également passé en revue les mécanismes de développement et de renforcement de la coopération entre les services de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la surveillance du territoire du Maroc (DGST) et les agences américaines de sécurité dans le domaine de lutte contre les risques et dangers liés à la criminalité transnationale organisée, en plus d’un échange d’expertises et d’expériences.
Autant dire que l’entente sécuritaire et militaire maroco-américaine est fructueuse et faite pour durer. Suite à la reconnaissance des États-Unis de la pleine souveraineté du Maroc sur son Sahara, cette alliance est destinée à se fortifier davantage, permettant aux deux pays d’affronter sereinement les grands défis transfrontaliers de notre époque.