Accord d’association avec le royaume-uni: ce que le Maroc y gagne

Accord d’association avec le royaume-uni: ce que le Maroc y gagne




L’accord d’association post-Brexit devrait permettre au Maroc de réaliser plus de volumes d’exportations comparativement à la situation d’avant le Brexit, estime Abdellatif Maâzouz, ancien ministre du Commerce et président de l’Alliance des économistes istiqlaliens.




Le 1er janvier 2021 a marqué le début d’une nouvelle ère dans les relations bilatérales entre le Maroc et le Royaume-Uni. Ce jour-là, le Royaume-Uni sortira officiellement de l’Union Européenne, et dans le même temps, l’Accord d’Association signé avec le Maroc à Londres le 26 octobre 2019, entrera en vigueur.
Cet accord bilatéral restitue l’ensemble des effets que les deux pays s’accordaient, mutuellement, dans le cadre de l’Accord d’Association Maroc-UE. Il assure, ainsi, la continuité des échanges entre le Maroc et le Royaume-Uni après le 31 décembre 2020.
Cet accord offre par ailleurs une garantie aux entreprises marocaines et britanniques qui entreprennent des relations économiques et commerciales dans tous les secteurs de coopération.




Pour comprendre de manière plus précise ce que le Maroc aura à gagner avec l’entrée en vigueur de cet accord, nous avons interrogé Abdellatif Maâzouz, ancien ministre du Commerce, et président de l’Alliance des économistes Istiqlaliens.
«Le Maroc a eu l’intelligence d’anticiper, dès octobre 2019, la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, en signant un accord séparé avec la Grande-Bretagne», souligne d’emblée l’ancien ministre. Il faut garder à l’esprit que l’Accord d’Association qui lie les deux Royaumes est plus un point de départ qu’un point d’arrivée.
En effet, comme l’explique Abdellatif Maâzouz, «il y aura très certainement des discussions, par la suite, entre les deux pays pour améliorer les termes de l’accord». Ces discussions devraient notamment porter sur les quotas réservés à certains produits, notamment les produits agricoles.




«Ne faisant plus partie de l’UE, le Royaume-Uni va désormais avoir ses propres quotas pour ce qui est notamment des produits agricoles marocains», fait-il savoir.
Et de préciser que «les quotas qui ont été fixés en octobre 2019 sont pratiquement les mêmes que ceux qu’avaient le Royaume-Uni quand il était membre de l’UE». «Au vu des instances de pilotage mis en place dans le cadre de l’Accord d’Association mises en place, ces quotas sont susceptibles d’être revus en conséquence.
Les instruments diplomatiques mis en place par les deux Royaumes -comités de suivi sectoriels, et le comité stratégique du partenariat- devraient être, dans ce sens, rapidement mis en œuvre», estime Abdellatif Maâzouz. Du côté de l’UE, la question qui se pose est de savoir si Bruxelles va ajuster les quotas des produits agricoles.




Comme pour les tomates et les agrumes marocains, en déduisant des quotas européens la partie britannique. «Théoriquement, cela ne devrait pas être le cas», affirme Abdellatif Maâzouz, qui s’attend à ce que «les quotas britanniques viennent s’ajouter à ceux européens».
Dans une telle configuration, l’accord d’association post-Brexit devrait permettre au Maroc de réaliser plus de volumes d’exportations comparativement à la situation d’avant le Brexit.
Une véritable aubaine pour les exploitants agricoles marocains. L’Accord d’Association constituera donc un pilier fondamental dans la consolidation et le renforcement des relations entre les deux pays, en termes de commerce et d’investissement. De quoi booster les échanges commerciaux annuels entre le Maroc et le Royaume-Uni, actuellement évalués à 18,3 milliards de dirhams.




Soit un peu moins de 4% de l’ensemble des échanges avec l’Union européenne en 2018. Le Maroc exporte environ 8 milliards de dirhams vers le Royaume-Uni, faisant de ce dernier son 7ème client et 11e fournisseur dans le cadre de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne.
Les exportations marocaines vers le Royaume-Uni sont aujourd’hui principalement constituées d’agrumes et de produits de la pêche.
Mais d’autres secteurs d’activité pourraient bénéficier du rapprochement entre les deux Royaumes. Il s’agit principalement de l’agribusiness, du textile, des énergies renouvelables ou encore des métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique). Londres souhaite aussi faire profiter de son «expertise» dans les secteurs financiers et technologiques, notamment les fintechs.