La composante juive a toujours fait partie de l'identité et de la culture marocaines

La composante juive a toujours fait partie de l’identité et de la culture marocaines (ambassadeur)




La composante juive a fait toujours partie de l’identité et de la culture marocaines, a indiqué, lundi 28 décembre, l’ambassadeur du Maroc en Inde, M. Mohamed Maliki.

L’ambassadeur du Maroc en Inde, M. Mohamed Maliki





Dans une interview accordée au quotidien indien « The Economic Times », M. Maliki a affirmé que les relations du Maroc avec Israël sont particulières et distinguées des rapports qu’entretient Israël avec les autres pays de la région, ajoutant que les liens entre les deux pays « ont toujours existé à des niveaux différents et c’est la raison pour laquelle nous parlons de la réactivation des mécanismes diplomatiques et des relations économiques plutôt que de la normalisation ».
Il convient de mentionner la spécificité du Maroc dans le monde arabe vis-à-vis de la communauté juive au fil de l’histoire, souligne M. Maliki, rappelant dans ce sens l’action héroïque de Feu SM Mohammed V dans la protection des Marocains de confession juive et sa position ferme contre la politique antisémite du régime nazi du gouvernement Vichy.




Et d’ajouter que le regretté Souverain avait alors rappelé son statut de Commandeur de tous les Croyants et non seulement des musulmans. Une position qui a renforcé ce lien spirituel entre la communauté juive et les Rois du Maroc. M. Maliki a par ailleurs noté que les juifs marocains ont joué et continuent de jouer, des rôles clés dans la vie politique marocaine, notant que le lancement de vols directs entre le Maroc et Israël devrait imprimer un nouvel élan à ces relations.
En réponse à une question sur la dimension géopolitique de la décision des États-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara, le diplomate marocain a considéré qu’il s’agit là « d’un événement historique tant pour le Maroc que pour les États-Unis qui constitue un jalon supplémentaire dans leurs relations bilatérales ».




En fait, les Etats-Unis ont toujours soutenu une solution politique à ce conflit régional et ont estimé que l’Initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté marocaine, est un plan sérieux, réaliste et crédible, a-t-il dit. La décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara, note le diplomate marocain, est en elle-même une reconnaissance d’une réalité sur le terrain prouvée par l’histoire et par les liens juridiques d’allégeance entre les Sultans et Rois du Maroc et les tribus du Sahara marocain depuis des siècles.
Le Maroc et les Etats-Unis sont deux partenaires stratégiques qui entretiennent des relations de longue date, affirme M. Maliki, rappelant dans ce sens que le Maroc a été le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis en 1777.




Les deux pays peuvent s’enorgueillir d’avoir signé le plus ancien accord d’amitié ininterrompu de l’histoire des États-Unis à savoir le traité de paix et d’amitié maroco-américain de 1786. S’agissant d’une éventuelle coopération trilatérale Maroc-Inde-Israël, le diplomate marocain a estimé que l’Inde et le Maroc, de par leurs positions, peuvent jouer un rôle plus important pour parvenir à la paix dans cette région stratégique.
Du point de vue économique, la coopération triangulaire, a-t-il expliqué, a le potentiel de créer un statut gagnant-gagnant pour les trois pays, citant les possibilités de coopération dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agro-industrie, des technologies de l’information, du textile.




Mais aussi de l’industrie pharmaceutique, de l’agriculture, de l’artisanat et du tourisme. Sur un autre registre, M. Maliki assure que la position du Maroc sur la question palestinienne n’a pas du tout changé et que le Royaume « continue d’être actif dans la défense de la cause et du peuple palestinien et la solution à deux États en vue d’assurer la paix pour les deux peuples ».
Il a dans ce sens rappelé que SM le Roi Mohammed VI avait affirmé que « le Royaume du Maroc place toujours la question palestinienne au même rang de la question du Sahara marocain et que l’action du Royaume pour consacrer sa marocanité ne se fera jamais, ni aujourd’hui ni dans l’avenir, au détriment de la lutte du peuple palestinien pour ses droits légitimes ».