Un médecin décide d’ester en justice le ministre de la Santé à cause d’une indemnité qualifiée de farce

Un médecin décide d’ester en justice le ministre de la Santé à cause d’une indemnité qualifiée de farce




Les médecins de la santé publique sont sidérés par l’indemnité journalière de 14 dirhams que le ministère leur a accordée pour leurs bons et loyaux services dans la lutte contre le Covid-19. Une indignation qui a poussé un médecin de Kenitra à ester en justice le ministre de la Santé.




Le médecin principal d’un hôpital de Kenitra a décidé d’ester en justice le ministre de la Santé à cause d’une indemnité qu’il a qualifiée de farce.
Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du week-end, que cette prime devait être réservée, en principe, aux médecins qui sont en première ligne pour lutter contre la Covid-19.
Le dirigeant de l’USFP, Abdelaali Albab, qui est aussi médecin, s’est écrié dans une colère teintée d’ironie: «Grâce à Dieu, j’ai reçu mes indemnités pour le travail que j’ai effectué durant la période de la pandémie. Je remercie vivement notre ministère de tutelle qui a décidé de motiver ses fonctionnaires.




Ceci en leur octroyant une prime journalière de 14 dirhams pour la lutte qu’ils mènent contre le nouveau coronavirus». La modicité de l’«indemnité Covid-19» a provoqué une grosse colère et de l’indignation chez les cadres des hôpitaux universitaires qui ont protesté énergiquement contre cette «prime offensante».
Le syndicat national de la santé publique (SNSP) a indiqué que les soignants et les aides-soignants qui exercent dans les CHU de Casablanca, Marrakech, Fès, Oujda et Rabat ressentent de la frustration et de la consternation.
D’autant plus, précise le SNSP, qu’ils redoutent ne pas être concernés par cette prime qui a été accordée aux médecins des hôpitaux régionaux et provinciaux.




Encore faut-il préciser que seuls les médecins des CHU travaillent dans les services de réanimation dédiés au Covid-19. Des pavillons qui connaissent une pression énorme et un afflux de patients difficile à contenir depuis avril 2020 avec un personnel réduit et de plus en plus surmené.
Le quotidien Assabah rapporte que le bureau du syndicat au centre hospitalier de Marrakech a été sidéré par l’approche humiliante du ministère de la Santé et celui des Finances dans l’évaluation de l’indemnité.
Non seulement son montant ne correspond pas aux sacrifices consentis par les médecins mais le bureau considère la façon avec laquelle elle a été distribuée comme discriminatoire vis-à-vis des fonctionnaires de la Santé.




Car les cadres du centre hospitalier de Marrakech ont été surpris par la décision de leur département de tutelle de les priver de cette prime sachant que les différentes directions régionales ont commencé à la verser à leurs fonctionnaires.
Le syndicat dénonce cette politique d’exclusion et appelle à verser cette indemnité aux médecins exerçant dans les CHU tout en procédant à une révision conséquente de sa valeur.
En attendant, les cadres du CHU de Marrakech ont annoncé l’organisation d’un sit-in de protestation tandis que leurs homologues de Kenitra ont décidé de ne pas percevoir cette indemnité qui, selon eux, ternit l’image des médecins et des infirmiers.