Union Africaine: les élections mettent l’Algérie et l’Afrique du sud sur la touche

Union Africaine: les élections mettent l’Algérie et l’Afrique du sud sur la touche




Une présidence qui revient à la RDC et la puissante commission regroupant les affaires politiques, la paix et la sécurité qui échappe à l’Afrique du Sud. Tels sont les principaux points à retenir du premier jour du 34e sommet de l’Union Africaine, tenu hier, samedi 6 février 2021, via visioconférence.




L’Afrique du Sud a voulu succéder à l’Algérie à la tête de la puissante commission en charge des Affaires politiques, de la Paix et de la sécurité. Mais les pays du continent en ont décidé autrement, et ont élu le Nigérian Bankole Adeoye à la tête de ce super-département de l’UA.

Le successeur du sinistre commissaire algérien, Smail Chergui, devrait donc permettre à cette commission, cruciale, de servir l’essor de la paix dans le continent, sans obéir à un agenda préétabli.

Le nouveau président de l’Union Africaine, Félix Tshisekedi, de la République démocratique du Congo, qui succède au Sud-africain Cyril Ramaphosa, à la faveur d’une présidence annuelle tournante, a d’emblée défini les défis qui attendent le continent: la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Sans surprise, le Tchadien Moussa Faki Mahamat a été reconduit à la tête de la commission de l’UA pour un nouveau mandat de quatre ans. Candidat unique à sa propre succession, il a réagi avec enthousiasme à sa réélection sur Twitter: «profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant».








La Rwandaise Monique Nsanzabaganwa a été quant à elle élue vice-présidente de la commission de l’UA. En ce qui concerne les six commissions de l’UA, l’Agriculture et le développement rural est revenue à l’Angolaise Josefa Leonel Coreeia Sacko. Un candidat marocain était en lice pour ce département.

Le Zambien Albert Muchanga a été élu à la tête de la commission en charge du développement économique, des échanges et de l’industrie. 

Les élections pour désigner le commissaire en charge de l’Education, des Sciences et des technologies ont été suspendues, parce que les candidats à ce poste (d’Afrique du Sud et du Zimbabwe) appartiennent à une région qui a déjà obtenu des candidats à la tête de la commission de l’Agriculture et à celle du Développement économique.

Des élections seront donc organisées en juin 2021, pour désigner un nouveau candidat à la tête de cette commission. L’Egyptienne Amani About Zeid a été élue à la tête de commission Infrastructure et énergie. Et la candidate mauritanienne n’a pu être élue à la tête de la commission Affaires sociales et Santé, parce que la région du nord avait déjà obtenu une commissaire femme, en la personne de l’Egyptienne Amani About Zeid.




Des élections seront donc de nouveau organisées en juin 2021, pour désigner un(e) nouveau-elle candidat(e) qui sera porté(e) à la tête de cette commission. 

Quant à la puissante commission des Affaires politiques, paix et sécurité, c’est désormais le Nigérian Bankole Adeoye qui aura la charge de mettre dans une poubelle les manœuvres de son prédécesseur, l’Algérien Smaïl Chergui, et de mettre ce département, aux missions cruciales, au diapason des enjeux du continent. 

Deux pays ont essayé de reporter les élections des commissaires par visioconférence, invoquant l’urgence de poursuivre la lutte contre la Covid-19 avec les équipes déjà en place.

Leur proposition a été rejetée de façon quasi-unanime. Interrogé sur les candidats du Maroc, un responsable dans le ministère des Affaires étrangères a eu cette réponse: «le vrai candidat du Maroc, c’est le leadership de l’Union Africaine». Avec la présidence de la République démocratique du Congo et la commission Paix et sécurité qui ne recevra plus ses instructions d’Alger, les conditions sont désormais réunies pour faire du leadership de l’UA un véritable enjeu.