Encore des licenciements chez Royal Air Maroc

Nouvelle vague de licenciements chez RAM: des dizaines d’hôtesses de l’air et de stewards sont concernées




Pas moins de 177 membres du personnel navigant commercial (PNC) de la filiale Atlas Multiservices (AMS) ont reçu leur lettre de licenciement pour motifs économiques. La décision entre en vigueur ce lundi 8 février.




Après plusieurs rounds de négociations avec les partenaires sociaux, la direction de RAM a enfin enclenché la procédure de licenciement économique, conformément aux articles 66 et 67 du Code de travail.

Comme ce fut le cas en août dernier pour les pilotes de ligne de la société-mère RAM, une demande de licenciement pour motifs économiques a entre-temps été soumise à l’approbation de la préfecture des arrondissements d’El Fida-Mers Sultan.

La commission préfectorale chargée de statuer sur ce dossier s’est réunie le 13 janvier dernier. Suite à laquelle le gouverneur de ladite préfecture a donné son accord pour le licenciement de 177 hôtesses de l’air et stewards d’AMS.




La décision du gouverneur a été actée le 29 janvier.

Détenue à 100% par Royal Air Maroc, la filiale Atlas Multiservices a pour activité le recrutement et la mise à disposition du personnel navigant commercial et le personnel destiné à exercer des activités au sol.

Avant cette opération de licenciement, l’entreprise compte 1.594 salariés au 30 septembre 2020, dont 9 affectés au siège de la société. Le reste, soit 1.585 collaborateurs, sont mis à disposition de Royal Air Maroc selon l’affectation suivante:

– Personnel navigant commercial: 1.044

– Personnel au sol: 541




Touchée de plein fouet par les conséquences de la crise sanitaire, RAM a été contrainte à procéder à une résiliation partielle de la convention de mise à disposition avec AMS et ce, à compter du 1er octobre 2020.

«La résiliation partielle du contrat de mise à disposition par RAM menace à court terme les équilibres financiers d’AMS et sa continuité d’exploitation dans le cas de maintien des salariés concernés par la résiliation», peut-on lire dans un rapport établi par un commissaire aux comptes, accompagnant la demande d’autorisation soumises aux autorités préfectorales.




«Cela impactera à très court terme la capacité de la société à honorer ses engagements financiers, et la mettra notamment dans l’impossibilité de faire face au paiement des salaires du reste du personnel et ses cotisations sociales et engagements fiscaux», poursuit la même source.

En conséquence, conclut ledit rapport, afin d’assurer sa solvabilité et sa continuité d’exploitation à court terme et surtout préserver les emplois restants de plus de 1.280 salariés, AMS est contrainte d’envisager le licenciement pour motif économique des salariés concernés par la résiliation partielle de la convention de mise à disposition opérée par RAM.




À noter enfin que le dégraissage du mammouth de la filiale AMS était prévisible. Début juillet, la direction de RAM avait dévoilé un plan social visant la suppression de 858 emplois. «Entre les départs volontaires et les licenciements économiques, plus de 600 collaborateurs ont dû quitter l’entreprise.

Conformément à nos engagements vis-à-vis des actionnaires, nous sommes en train de finaliser le plan social tel qu’il était prévu initialement», avait expliqué, début décembre 2020, le PDG de RAM, Abdelhamid Addou, ajoutant que la finalisation dudit plan concernera également la filiale AMS.