La Chine conseille la «prudence» sur la vaccination des +60 ans maintenue au Maroc

Covid-19 : La Chine conseille la «prudence» sur la vaccination des +60 ans maintenue au Maroc




Début février, la Chine a alerté ses pays partenaires sur l’utilisation du vaccin contre le nouveau coronavirus développé par Sinopharm, recommandant une «prudence» particulière quant à son administration aux 60 ans et plus. Alors que le Cambodge a élargi la proscription à plusieurs autres cas, le Maroc maintient pour tous les âges.




Le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, a annulé sa vaccination contre le nouveau coronavirus, après que le bureau du conseiller économique et commercial de l’ambassade de Chine à Phnom Penh a annoncé que le vaccin développé par Sinopharm ne devrait être administré qu’aux personnes de la tranche d’âges entre 18 et 59 ans.

Le média cambodgien Phnom Penh Post a rapporté que dès le 5 février dernier, Hun Sen a déclaré qu’étant âgé de 68 ans, il ne serait pas éligible. «Le plan de vaccination du 10 février à l’hôpital Calmette doit être annulé, parce que moi et la plupart des autres hauts fonctionnaires avons plus de 60 ans et ne pouvons pas être vaccinés», a-t-il indiqué sur ses réseaux sociaux.








Phnom Pen préconise la proscription pour les cas de plusieurs maladies

La secrétaire d’Etat cambodgienne à la Santé, Or Vandine, a déclaré pour sa part que si les personnes de plus de 60 ans ne pouvaient pas recevoir le vaccin de Sinopharm, une étude restait également nécessaire pour déterminer l’efficacité chez les personnes de 18 à 59 ans, bien que la vaccination volontaire de cette catégorie soit recommandée.

Elle a préconisé la prudence, surtout qu’il s’agit encore d’«un nouveau vaccin». Or Vandine a ajouté que les personnes souffrant d’allergies aux vaccins, aux aliments ou aux médicaments n’étaient pas éligibles non plus, et ce quel que soit leur âge. Il en est de même pour les cas de maladies respiratoires aiguës, d’asthme, d’eczéma, d’urticaire, d’œdème de Quincke ou d’autres gonflements.




«Les autres groupes à risque qui ne devraient pas recevoir le vaccin sont les personnes souffrant de maladies préexistantes, en particulier les maladies chroniques graves, les femmes enceintes et allaitantes et les femmes qui prévoient une grossesse dans les trois mois.»

Aussi, les cas épileptiques ou exposés à différentes formes de convulsions, de méningite, de troubles mentaux, de maladies héréditaires, de syndrome de Guillain-Barré, du VIH, de lymphome, de leucémie et de maladie cardiovasculaire devront éviter le vaccin de Sinopharm. Ce dernier serait proscrit aussi pour «les personnes atteintes d’une maladie du foie, d’un cancer ou ayant des antécédents d’infection à la Covid-19», selon les autorités sanitaires de Phnom Pen.




Le Maroc maintient l’utilisation chez les +60 ans

Au Maroc, les recommandations sont différentes et le ministère de la Santé a récemment confirmé le maintien de l’utilisation du vaccin de Sinopharm chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Cependant, «une note attribuée à l’ambassade de Chine au Maroc, adressée au ministère des Affaires étrangères» marocain préconise une «grande prudence» dans la vaccination des «personnes âgées de plus de 60 ans avec le vaccin Sinopharm», rapporte Telquel.

La même source révèle que «le document attribué à la représentation chinoise est daté du 3 février et émane de la Direction des affaires asiatiques et de l’Océanie du ministère, dont il porte le tampon du bureau d’ordre». De son côté, le ministère de la Santé n’a pas commenté officiellement ces recommandations, mais il est aussi resté sur les conclusions rendues le 6 février par le Comité national scientifique.




Il était chargé d’élaborer la stratégie vaccinale contre la Covid-19 dans le royaume. Contrairement à l’avis de la Chine, le comité a donné l’autorisation d’administrer ces doses, sans limitation d’âge. Il estime que l’immunogénicité du vaccin s’est avérée «excellente», au cours des deux premières phases d’essais cliniques qui ont inclus des personnes âgées de plus de 60 ans, que ce soit pour la formule développée par Sinopharm à Pékin ou à Wuhan.

Pourtant, l’arrivage de vaccins Sinopharm (500 000 doses) VS AstraZeneca (2M + 4M) plaide pour une stratégie adaptative en réservant le vaccin suédo-britannique pour les plus agés sans prise de risque, en attendant plus de données sur l’efficacité du vaccin chinois sur les 60 ans et plus. Pour rappel, le vaccin AstraZeneca a été validé par l’Organisation mondiale de la Santé pour tous les âges.