Les partis politiques autorisés à collecter des dons pour les élections

Élections: les partis politiques autorisés à collecter des dons




L’argent va couler à flots pendant la campagne électorale, à l’approche des prochaines élections. L’Etat a, en effet, débloqué 1,5 milliard de dirhams pour les candidats, augmenté la dotation des donateurs et autorisé les banquets électoraux, voire le financement des fêtes et des obsèques.




Le gouvernement a, via les lois électorales, autorisé les partis politiques à collecter des dons pour participer au plus long processus électoral que connaîtra le Royaume au cours de cette année.

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mardi 16 février, que ce processus permettra l’élection de 32.000 élus dans les chambres professionnelles, les collectivités locales, les arrondissements, les provinces et préfectures, sans oublier les 515 parlementaires dans les deux Chambres.

Le gouvernement a, ainsi, autorisé les partis à recueillir des dons et contributions pour participer aux élections, sans pour autant être contraints de spécifier leur origine.




Pourtant, l’Exécutif avait déjà débloqué, dans le budget général de l’Etat, la somme de 1,5 milliard de dirhams destinée à l’aide financière des candidats aux élections.

Selon certaines sources, le gouvernement aurait fait diversion en mettant des conditions, pour la forme, à l’obtention de «l’argent de la quête», avec la bénédiction des chefs des partis.

Il faut dire que l’Exécutif a augmenté la contribution du donateur, qui est passée de 300.000 à 500.000 dirhams pour chaque élu. Cette contribution peut se traduire par des dons en argent et en nature et permettre à un seul candidat de percevoir des millions de dirhams en faisant appel à plusieurs donateurs.




Les mêmes sources soulignent que les associations de protection des deniers publics, ainsi que celles des droits de l’Homme, craignent que ces élections ne se transforment en un marché financier ouvert.

D’autant que les courtiers des élections ont établi des plans pour soutenir les candidats qui se sont engagés à défendre leurs intérêts dans les différentes collectivités territoriales.

Le quotidien Assabah rapporte que, pour ce faire, les «dinosaures» des élections ont, pendant le confinement, retiré des banques la somme de 1,5 milliard de dirhams en argent liquide pour financer les campagnes électorales. Autant dire que l’argent va couler à flots.




Surtout lorsqu’on sait que le ministère de l’Intérieur a permis, sur une requête des partis, d’organiser des banquets électoraux et de financer des fêtes (mariages et autres) et funérailles avant et pendant la campagne électorale.

En contrepartie, la loi électorale exige des partis politiques de couvrir le tiers des circonscriptions électorales de la Chambre des représentants, à condition qu’elles soient réparties sur les 3/4 des régions.

Les partis devront, par ailleurs, couvrir la moitié des circonscriptions électorales des régions et créer des sociétés de communication et d’activités numériques afin d’en tirer des profits financiers. Ils devront, en outre, allouer un budget supplémentaire annuel pour réaliser des études menées par les compétences partisanes.