Criminalité: des fonds étrangers blanchis dans des projets au Maroc

Criminalité: des fonds étrangers blanchis dans des projets au Maroc




La police française a démantelé un réseau de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et de falsification de billets de banques. L’enquête a permis de découvrir que les dirigeants de cette bande criminelle entretenaient des relations étroites avec des hommes d’affaires marocains.




Un tribunal français a commencé à auditionner les membres d’un réseau franco-serbe accusé de blanchiment d’argent dans plusieurs pays, notamment au Maroc, aux Emirats et en Libye.

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du jeudi 18 février, que le parquet général poursuit les accusés pour des chefs d’inculpation passibles d’une peine allant jusqu’à 10 ans de prison.

Les investigations des services de sécurité français ont révélé que des Serbes et des Français dirigeaient un réseau de blanchiment de trafic de drogue composé de Marocains, de Mauritaniens et d’Australiens, ainsi que de Libanais résidant en Allemagne.

La présence des Libanais a mis la puce à l’oreille des services de renseignement américains qui ont agi en coordination avec leurs homologues français, afin de parer à toute éventuelle implication du Hezbollah dans ce trafic d‘argent sale.




Les policiers français ont interpellé 11 membres de ce réseau, saisi des armes à feu, des quantités de cocaïne et de résine de cannabis, ainsi que des sommes d’argent estimées à des millions d’euros.

Pis encore, ce réseau procédait à la falsification des billets de banques de 500, 200 et 100 euros pour les écouler auprès des commerçants et des hommes d’affaires.

Les perquisitions menées dans plusieurs maisons appartenant aux membres de cette bande criminelle ont permis de saisir plusieurs comptes bancaires, des biens immobiliers, ainsi que des voitures de luxe.

Le quotidien Assabah rapporte que les éléments de la gendarmerie ont ouvert une enquête sur la nature des relations qui lient ce réseau à des hommes d’affaires marocains. Les investigations ont aussi permis de localiser le siège principal de ce réseau à Seine-Saint-Denis, dans la banlieue parisienne.




Les investigations ont également permis de mettre la main sur des documents impliquant des hommes d’affaires, des directeurs de sociétés et des commerçants dans ce blanchiment d’argent.

Il s’est avéré, en outre, que cette bande criminelle s’adonnait au trafic de cocaïne entre la France et l’Australie, ainsi qu’à celui de médicaments d’origine néerlandaise expédiés, via des colis postaux, vers plusieurs pays.

Selon les premières estimations, plus de 10 millions d’euros ont été blanchis en trois mois. L’essentiel provenait des revenus de la cocaïne.

Il faut rappeler que les services de police français et espagnols avaient, par le passé, démantelé des réseaux de blanchiment d’argent dirigés par des Marocains, dont les plus dangereux sont ceux du «Campo de Gibraltar» et des «Marocains d’Angleterre».