Espagne: Un réseau qui faisait passer des Marocains pour des Sahraouis démantelé

Espagne : Un réseau qui «faisait passer des Marocains pour des Sahraouis» démantelé




La police nationale espagnole a annoncé, cette semaine, avoir démantelé un réseau criminel qui a utilisé des documents falsifiés pour régulariser la situation de Marocains en Espagne. Selon l’agence EFE, le réseau, composé de 18 personnes dont deux employés d’un cabinet d’avocats, facturait jusqu’à 12 000 euros pour fournir à ces Marocains de faux documents selon lesquels ils seraient «originaires du Sahara».




Un communiqué de la police explique que le réseau a profité des avantages accordés aux descendants de la population ayant vécu dans le Sahara entre 1958 et 1976, qui ont obtenu la pleine nationalité espagnole.

«Cet avantage pour les sahraouis est légalement étendu à leurs descendants, qui peuvent également obtenir la résidence et même la nationalité de manière plus rapide et plus avantageuse», note le communiqué. Ainsi, afin de faire passer ses clients en tant que Sahraouis, le réseau a fourni des preuves falsifiées.




Ceci pour faire croire qu’ils percevaient une pension du ministère espagnol de la Défense, en tant que descendants de membres de l’armée espagnole à l’époque coloniale. Plus de 2 000 Marocains auraient bénéficié des services de ce réseau criminel rien que dans la province de Grenade.

Le réseau démantelé avait comme siège principal des opérations un cabinet d’avocats ayant déjà fait l’objet d’une enquête pour des actes similaires et qui était dirigé par un avocat espagnol. «Un nombre important de citoyens marocains liés à l’organisation ont également participé au réseau.




Ils ont participé au réseau en tant que traducteurs ou en tant que bénéficiaires de la nationalité ou des titres de séjour gérés», ajoute la même source. L’organisation criminelle facturait à ses clients des montants allant de 4 000 à 12 000 euros pour le traitement d’un titre de séjour ou d’une nationalité et ce, depuis 2015.

Les détenus, qui ont déjà été traduits en justice, étaient également actifs dans d’autres provinces espagnoles telles qu’Oviedo, Badajoz, Cáceres, Murcie, Séville, Cordoue et Almería, conclut l’agence EFE.