Maroc: Une proposition d’amendement pour inclure les MRE au processus électoral

Maroc : Une proposition d’amendement pour inclure les MRE au processus électoral




Oubliée des partis politiques, le droit de vote et d’éligibilité des Marocains à l’étranger est défendu par le Mouvement Maan dans le cadre des scrutin législatif et communal.




Le mouvement Maan a rendu publique, dimanche 28 février, sa proposition pour permettre aux Marocains résidant à l’étranger de participer pleinement et activement aux élections de leur pays d’origine.

Il préconise non seulement de leur permettre de voter directement et sans procuration, mais aussi de leur ouvrir la porte du Parlement, en rendant possibles leurs candidatures aux scrutins législatif et communal.

Pour ce faire, Maan a proposé dans son document des amendements de la loi organique 27.11 relative à la Chambre des représentants, en modifiant son article 1 pour «attribuer dans un premier temps, 10% des sièges alloués aux circonscriptions locales, soit 30 pour la diaspora (sur 305 sièges réservés aux listes locales)».




Il s’agit ainsi de «garder le même nombre de membres de la chambre des représentants, ce qui signifie que le nombre de sièges de Marocains résidents au Maroc diminuera de 30 sièges pour se situer à 365 sièges (listes locales et régionales comprises)».

Dans une autre proposition, le mouvement recommande la modification de l’article 2 de la même loi, de manière à «créer des circonscriptions des Marocains établis à l’étranger» à travers la création de deux circonscriptions.

La première sera européenne, la seconde couvrira les quatre autres continents ; les statistiques officielles indiquent que 60% des Marocains du monde sont résidents en Europe. Ainsi, cette première circonscription sera représentée par 20 sièges.




Un accès aux élections pour des MRE salués pour leur apport économique

Est proposée également une modification de l’article 22, pour enfin donner aux MRE la possibilité de se porter candidats dans les circonscriptions qui leur sont allouées, celles locales et régionales.

Modifier l’article 72 permettra, par ailleurs, de «faciliter la participation au vote des Marocains résidents à l’étranger, en expérimentant la possibilité de voter dans les ambassades et consulats du royaume dans le monde, ainsi que la suppression du vote par procuration».

Dans ce sens, le mouvement estime que ce sera une bonne occasion d’initier le vote électronique, dans la perspective de le «généraliser à toutes les échéances électorales nationales, après évaluation». Ces propositions interviennent au moment où le débat sur le vote des MRE a été occulté par le gouvernement El Othmani.




«Grande était notre déception dès la publication des projets de lois organiques régissant les prochaines échéances électorales», a déploré Maan, rappelant que «le nombre de Marocains résidents à l’étranger est estimé à près de 6 millions de personnes».

Pour l’organisation, leur permettre une participation active au processus électoral sera une manière d’asseoir les principes d’égalité en termes d’exercice des droits civils et politiques, auprès d’une frange de la population dont l’apport à l’économie nationale est primordial comme l’a indiqué le ministre de l’Economie et des finances, Mohamed Benchaâboun.

Les transferts des MRE représentent 5% du produit intérieur brut du Maroc. 75% des 68 milliards de dirhams transférés en devises en 2020 sont allés vers le soutien familial et la solidarité.