Espagne: Le Défenseur du peuple pour une approche migratoire moins sécuritaire envers le Maroc

Espagne : Le Défenseur du peuple préconise une autre approche migratoire moins sécuritaire envers le Maroc




Le Défenseur du peuple espagnol a recommandé au gouvernement espagnol de «changer l’approche» adoptée dans le traitement des flux migratoires en provenance du Maroc. Ce mercredi, il a préconisé d’aborder la réglementation de manière «globale», qui «s’adapte à la réalité sociale de la migration marocaine en Espagne».




Cité par l’agence de presse espagnole EFE, le rapport «Migration aux Canaries» remis aujourd’hui par le Médiateur au parlement bicaméral de l’Espagne indique que 11 998 des 23 023 immigrés arrivés dans les îles en 2020 (soient 52%) portent la nationalité marocaine.

Parmi eux, au moins 1 116 mineurs sont actuellement pris en charge par le gouvernement canarien, a ajouté la même source.

Ce chiffre dépasse le nombre réuni des ressortissants portant les deux autres nationalités les plus fréquentes parmi les migrants arrivés aux Canaries par voie maritime, à savoir les Sénégalais (4 539) et les Maliens (4 126). Fernández Marugán rappelle que «plus de 700 000 citoyens marocains résident légalement en Espagne».




Pour lui, «il ne faut pas oublier que le Maroc est le troisième pays au monde en termes de traitement de demandes de visas octroyés pour l’Espagne». En chiffres, «les six consulats espagnols de ce pays ont traité un total de 262 227 visas en 2019, dont environ 47 000 ont été refusés».

Il souligne que même si le nombre de visas délivrés par l’Espagne chaque année aux citoyens marocains semble important, «la réalité est qu’en 2019, seuls 39 633 étaient de longue durée, pour des études, des raisons familiales ou de résidence et de travail».

En effet, «la grande majorité était de nature touristique ou de transit vers d’autres pays». Pour lui, ces données «devraient faire réfléchir» les décideurs espagnols.




Les décideurs espagnols gagneraient à «changer l’approche qui amène à analyser cette réalité uniquement dans la perspective du contrôle des arrivées irrégulières» et de «la lutte contre les mafias».

«L’approche sécuritaire, sans doute nécessaire, ne va pas toujours de pair avec une analyse des véritables voies empruntée par les citoyens marocains pour entrer en Espagne», a-t-il insisté.

Il a exprimé son souhait que, «l’opportunité offerte par cette crise ne soit pas manquée pour permettre de regarder au-delà de l’urgence et d’aborder une politique migratoire, qui tient compte des besoins spécifiques [du] marché du travail et de [la] société [espagnole]».