Le Maroc renforce son dispositif anti-blanchiment d’argent

Le Royaume du Maroc blinde son dispositif anti-blanchiment




En matière d’anti-blanchiment, le Maroc a renforcé son dispositif et fait des progrès sur de nombreux points. Néanmoins, le Groupe d’action financière internationale vient de le mettre sous surveillance accrue dans une liste comportant 19 pays.




Le Maroc est sommé de faire évoluer son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Dans son édition du jour, L’Économiste rapporte que le Groupe d’action financière internationale (GAFI) vient de mettre le Royaume sous surveillance accrue dans une liste avec 18 autres pays.

Il relève toutefois que le pays a réalisé des progrès en renforçant son plan d’action au cours des dernières années. « Le dispositif anti-blanchiment est ainsi largement conforme avec 21 recommandations contre 10 auparavant et satisfait les exigences du GAFI en matière de surveillance et de contrôle des organismes à but non lucratif », écrit le quotidien.

Ceci dit, il note que 12 recommandations sont partiellement conformes, contre 24 précédemment, et 4 autres jugées non conformes.




Le journal met également l’accent sur les lacunes qu’affiche le Maroc au regard des normes. Celles-ci concernent principalement les recommandations 7, 25 et 32 qui ont trait aux sanctions financières, à la transparence, aux bénéficiaires effectifs des constructions juridiques et aux passeurs de fonds.

L’Économiste souligne que la numéro 7 exige l’application de sanctions financières ciblées sans délai, alors que les obligations de la 32 imposent la mise en place de mesures de détection des transports physiques transfrontaliers d’espèces et d’instruments négociables au porteur.

Tout cela est pris en charge dans la réforme du dispositif anti-blanchiment dont l’examen du projet de loi a été relancé fin 2020. Ce texte renforce les attributions de l’Unité de Traitement du Renseignement Financier (UTRF).




Il deviendra l’Autorité nationale des renseignements financiers. Il introduit également de nouvelles sanctions à l’encontre des personnes assujetties. Le journal parle aussi d’un registre public qui recensera les bénéficiaires effectifs des personnes morales en vue d’interdire aux criminels et leurs partenaires de pénétrer le marché.

L’application des sanctions sera assurée par une commission composée de membres des ministères de l’Intérieur, des Finances, des Affaires Étrangères et de la Justice.

Autres approches que le Groupe d’action financière internationale pousse le Royaume du Maroc à adopter: l’amélioration de la surveillance fondée sur les risques, la prise de mesures correctives et l’application les sanctions proportionnées et dissuasives en cas de non-respect des règles.