Cancer du sein: Un champignon au Maroc donne de l’espoir aux chercheurs

Cancer du sein : Un champignon au Maroc donne de l’espoir aux chercheurs




Un composant isolé d’un champignon qui pousse sur les racines d’une plante à fleurs au Maroc, a montré des résultats positifs dans la lutte contre le cancer agressif du sein, ont révélé des scientifiques. Les chercheurs ont découvert qu’un composant isolé d’une forme de champignons qui poussent au Maroc a montré des résultats prometteurs en tant que remède puissant contre le cancer agressif du sein.

Selon des scientifiques du Medical College of Georgia de l’Université Augusta, le champignon pousse sur les racines de la plante appelée Aristolochia paucinervis. Les premières preuves indiquent des effets du peptide (EnnA, un enchaînement d’acides aminés) isolé du champignon qui vit en symbiose avec ladite plante à fleurs.




Il «inhibe directement le protecteur cellulaire naturel et puissant HSP90, que le cancer détourne pour éviter les attaques du système immunitaire». En effet, le docteur Ahmed Chadli, biochimiste au Département de médecine et au Medical College of Georgia explique que l’EnnA permet au système immunitaire d’assurer son rôle et éliminer le HSP90».

«Nous sommes très enthousiastes par la façon dont ce composant affecte les tumeurs», a déclaré le docteur marocain, qui a reçu une subvention de 1,8 million de dollars de l’Institut national du cancer des Etats-Unis afin d’étudier davantage le potentiel d’EnnA dans la lutte contre le cancer du sein.




Un champignon anticancéreux

La plante Aristolochia paucinervis et le champignon qui pousse sur ses racines, dénommé Fusarium tricinctum, sont connus pour leurs bienfaits médicinaux, a reconnu le Dr Chadli. Basé sur des preuves à la fois sur la culture cellulaire et sur un modèle animal de cancer agressif du sein, EnnA est «le genre de tueur de tumeur efficace» tant recherché, a ajouté la même source.

Des images microscopiques du cancer du sein, 15 à 20 jours après le traitement par EnnA, montrent la tumeur en train de régresser. «Le système immunitaire commence à reconnaître les cellules cancéreuses comme étrangères et les détruit», a expliqué Dr. Ahmed Chadli.




«Nous avons constaté que les cellules tuées par EnnA semblent également immuniser contre les agressions ultérieures des cellules cancéreuses», a-t-il dit, en dévoilant que «les tumeurs ne peuvent pas s’installer chez les souris vaccinées avec ces cellules mortes».

«L’une des choses fascinantes à propos des cellules T est qu’une fois qu’elles sont éduquées pour attaquer une cible, comme le cancer du sein, elles continuent de l’attaquer chaque fois qu’il se présente. Les implications de ceci font de l’activation par EnnA d’une réponse des lymphocytes T un outil puissant.» L’expert marocain a identifié EnnA après avoir assisté à une réunion de la Société marocaine de pharmacologie il y a quelques années.




Il y avait rencontré le Dr Abdessamad Debbab, chimiste médicinal à l’Institut de biologie pharmaceutique et de biotechnologie de l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf. Les deux chercheurs ont identifié les inhibiteurs de HSP90 après l’analyse de plantes médicinales. La plante marocaine en question fleurit en février et attire les mouches.

Elle les piège pendant la nuit et les libère le lendemain enduites de pollen. Chadli et son équipe, s’appuyant sur la nouvelle subvention, prévoient d’examiner plus en détail les avantages de l’EnnA, les effets secondaires possibles, la toxicité et le dosage optimal dans leur tentative de commencer à l’utiliser pour aider les patients.