Le cannabis médical en vogue à l’international, une aubaine pour le Maroc

Le cannabis médical en vogue à l’international, une aubaine pour le Royaume du Maroc




En plein boom sur le marché mondial avec une prévision de croissance de 30%, le cannabis à usage thérapeutique offre au Royaume du Maroc des opportunités prometteuses à saisir à l’heure où s’accélère la tendance à la légalisation partout dans le monde.




Pragmatique, le constat est d’autant plus frappant que bien des experts, des milieux d’affaires et d’hommes politiques poussent sans détour pour une expansion tous azimuts du secteur du cannabis à usage médical, cosmétique et industriel.

Le premier pas vient d’être franchi avec l’examen, en conseil de gouvernement, d’un projet de loi relatif à l’usage légal du cannabis. Toujours en phase de débat, ce texte traite exclusivement des usages thérapeutiques du cannabis, particulièrement pour certaines maladies neuro-dégénératives, inflammatoires et les soins palliatifs pour certains cancers.

De l’avis des experts, les atouts du Royaume en la matière sont pour le moins indéniables : un écosystème propice, la proximité du marché européen en plein essor, et un savoir-faire ancestral des agriculteurs. La concrétisation rapide des opportunités offertes passe, d’abord, par l’installation d’opérateurs internationaux en industrie de transformation.




Ceci avant de se tourner vers le développement d’une filière industrielle nationale. À en croire les statistiques, les prévisions de croissance moyenne annuelle du marché du cannabis à usage thérapeutique sont de 30% à l’échelle internationale et de 60% au niveau européen. Un grand nombre de pays, notamment européens, a légalisé le cannabis médical, voire récréatif pour la plupart d’entre eux.

Il s’agit de 30 états américains, Canada, Australie, Espagne, Portugal, Italie, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Suède, République Tchèque, Danemark, Croatie, Grèce, Chypre, Brésil, Honduras, Chili, Colombie, Pérou, Uruguay, Inde, Chine, Liban, Malawi, Zimbabwe, Zambie, Afrique du Sud, Lesotho, Ghana et d’autres.

Cette course effrénée vers la légalisation, surtout dans le Vieux-Continent, va inévitablement anéantir à terme la demande sur le cannabis récréatif illicite.




À l’échelle du Royaume, les cultures licites du cannabis au Maroc permettront à coup sûr d’extirper progressivement les populations engagées dans la culture illicite de l’emprise des trafiquants et leur ouvriront la voie pour intégrer le tissu économique.

Mieux, l’impact de la légalisation sur le bien-être des populations devrait être significatif, tant et si bien qu’elles demeurent pénalisées par le climat de peur généralisée des poursuites judiciaires, et par l’oisiveté des jeunes, corollaire de l’échec scolaire.

Autre fait notable, les cultures licites permettront d’atténuer les conséquences néfastes des cultures illégales sur la santé publique et l’environnement, mis à mal par la déforestation, l’épuisement des sols et des ressources hydriques, en plus de la pollution des nappes phréatiques. Les études réalisées montrent en effet que les paysans qui intégreront le programme du cannabis licite bénéficieront de revenus nettement supérieurs à ceux actuels.




Ceci tout en respectant l’environnement en termes de rotation triennale et d’un seul cycle agricole par an. Le cadre juridique mis en en place par le projet de loi sur l’usage légal du cannabis devrait se traduire par l’implantation d’opérateurs industriels d’envergure internationale, et l’émergence d’une filière industrielle nationale.

Les investissements prévisionnels dans ce domaine seront générateurs de valeur et d’emploi. Sur le plan juridique, le Maroc a adhéré à toutes les conventions internationales sur les stupéfiants, lesquelles autorisent leur usage à des fins licites.

Le Royaume a même été précurseur en matière de séparation juridique entre les deux statuts du cannabis récréatif et médical. Le premier est régi par les dahirs de 1919 et de 1932 qui autorisaient l’ex-régie des tabacs à acheter les récoltes des agriculteurs. Ces dahirs ont été abrogés par celui de 1954 portant prohibition du chanvre à kif.




Il a toutefois prévu des dérogations autorisant la culture, la fabrication et l’emploi du cannabis et de ses préparations à des fins scientifiques dans les établissements de recherche et d’enseignement. Quant au cannabis médical, il est régi par le Dahir du 2 décembre 1922, portant règlement sur l’importation, le commerce, la détention et l’usage des substances vénéneuses.

Au Maroc, force est de constater que la culture illicite se fait au détriment de la population et de l’environnement. Elle est en fait pratiquée sur une surface globale de 55.000 hectares en 2019, contre 134.000 ha en 2003, année de l’enquête conjointe menée par le Maroc avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), contre 74.000 ha en 2005.

L’activité est faiblement profitable aux agriculteurs, qui sont abusés par les trafiquants : l’agriculteur reçoit 4% du chiffre d’affaires final, contre 12% dans le marché légal.




Du fait de son caractère illicite, elle pénalise gravement l’intégration des populations dans la politique de développement économique et social du pays et favorise les sentiments de précarité, d’isolement et de marginalisation.

Côté environnement, cette agriculture anarchique entraîne une surexploitation des terres, des ressources en eau, une forte utilisation des fertilisants et la destruction des forêts : perte de 1.000 hectares chaque anné. Après tout, le texte de loi examiné en conseil de gouvernement répond à une nécessaire ambition d’organiser les paysans autorisés en coopératives.

En plus d’être fédératrice, une telle organisation se fixe pour objectif de pallier la situation émiettée du foncier. Elle donne aussi un pouvoir de négociation plus important aux agriculteurs vis-à-vis des industriels et permet à l’Agence et aux autres départements d’assurer un meilleur encadrement.