Greenpeace appelle le Maroc à sauver ses villes des conséquences du changement climatique

Greenpeace appelle le Maroc à sauver ses villes des conséquences du changement climatique




La section MENA de l’ONG internationale, qui affirme que «toutes les villes sont menacées» par les changements climatiques au Maroc, insiste notamment sur la nécessité de «se préparer à de telles catastrophes» et «d’impliquer tous les acteurs».

L’ONG internationale Greenpeace a appelé, cette semaine, le Maroc à la mise en œuvre de son plan d’action national de gestion des risques de catastrophes naturelles.

Commentant les événements climatiques extrêmes dont le Maroc et l’Algérie ont été témoins ces derniers jours, qui ont causé grandes pertes matérielles et humaines, Mohammed Tazrouti, chargé de campagne à Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, a estimé que ces drames «révèlent l’absence du principe de justice climatique entre les pays du Nord et du Sud».




Se préparer aux catastrophes

«Lorsqu’il s’agit d’atténuer les effets du changement climatique, les grands pays industrialisés jouent un rôle négatif à travers leurs émissions et leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre qui affectent les pays du Sud», a-t-il ajouté.

Il a affirmé que la région MENA «est particulièrement touchée par le phénomène du changement climatique plus que d’autres, et par conséquent, elle paie le prix le plus élevé de ses effets».

Ainsi, pour le cas du Maroc, le responsable a estimé que «toutes les villes sont menacées» par le changement climatique et ses «conséquences [qui] peuvent être désastreuses à l’avenir, que ce soit au niveau de la vie, des infrastructures et de l’économie». «Il est très important de se préparer à de telles catastrophes.




Il est important de faciliter l’accès aux bulletins d’alerte, d’améliorer les connaissances, d’évaluer les risques naturels et d’impliquer tous les acteurs afin de se développer rapidement et de se reconstruire efficacement pour faire face aux répercussions du changement climatique.»

«Ce dont nous avons besoin dans la région MENA dans son ensemble, c’est de proposer une voie de développement différente, un modèle économique alternatif, qui offre une vie décente aux gens en plus de la durabilité environnementale qui prend en compte le changement climatique.

Pour y parvenir, il est nécessaire de renforcer le débat sur les principes d’une économie fondée sur l’intérêt public, qui prend en compte la durabilité environnementale et les effets dévastateurs du changement climatique», plaide-t-il.




Plusieurs villes marocaines touchées depuis le début de l’année

Greenpeace rappelle que le plan d’action national de gestion des risques de catastrophes naturelles s’articule autour de cinq axes, répartis en 18 programmes et 56 projets.

Présenté en février par le ministère de l’Intérieur, il détermine 4 types de catastrophes naturelles sur lesquelles il faudra travailler, à savoir les tsunamis, l’érosion du sol, les séismes, et les inondations.

Le plan évoque l’amélioration de la gestion des risques naturels, l’amélioration des connaissances et de l’évaluation, la prévention et renforcement de la résilience et de la préparation. Il repose également sur la participation de tous les acteurs, que ce soit au niveau central ou local.




Mais aussi sur la diversification des sources de financement des projets liés à la prévention des risques naturels. Début janvier, les fortes précipitations ont paralysé plusieurs axes routiers de Casablanca.

Un mois plus tard, les fortes pluies ont inondé plusieurs quartiers à Tanger, après que l’infrastructure d’assainissement a rapidement été saturée. 29 personnes ont également trouvé la mort après qu’une usine située dans le sous-sol d’une villa a été submergée par les eaux pluviales.

Au début de ce mois de mars, c’était au tour de Tétouan et de Martil, sur lesquels de fortes pluies se sont abattues. La ville de Fès a également enregistré d’importants dégâts matériels, après que les habitations et routes principales ont été envahies par les crues.