Une médiation chinoise entre le Maroc et l’Algérie ?

Une médiation chinoise entre le Royaume du Maroc et l’Algérie ?




Face aux tensions entre le Maroc et l’Algérie, surtout au sujet du Sahara, la Chine qui est leur partenaire, pourrait peser de tout son poids pour faciliter une interaction constructive entre les deux pays. C’est du moins ce que pensent Michaël Tanchum, professeur associé à l’université de Navarra et Nerea Álvarez-Aríztegui, étudiante à la même université.




« La Chine se trouve à la croisée des chemins alors qu’elle étend sa présence économique au Maghreb. L’aggravation des tensions entre l’Algérie et le Maroc pourrait menacer les intérêts économiques et géopolitiques chinois dans la région.

Mais Pékin pourrait avoir le pouvoir de combler le fossé et de réorienter la Méditerranée occidentale vers son initiative de la Nouvelle route de la soie  », estiment-ils dans une tribune publiée par East Asia Forum.

Ils font remarquer que les relations entre l’Algérie et le Maroc sont loin d’être au beau fixe. Ceci, depuis que le Front Polisario, protégé du voisin de l’Est, a mis fin au cessez-le-feu datant de 29 ans avec Rabat en novembre 2020, où il y avait eu de nouveaux échanges de tirs entre les deux parties.




Également depuis la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, le 10 décembre 2020. Alors que le Maroc multiplie ses succès diplomatiques, l’Algérie envisage d’intensifier son soutien au Front Polisario et d’accroître sa propre présence militaire à la frontière marocaine.

Selon les deux analystes, cela pourrait menacer les intérêts chinois au Maghreb et saper ses plans visant à parvenir à une connectivité transcontinentale via la Méditerranée occidentale. La Chine est un partenaire qui manifeste d’ailleurs un intérêt pour les phosphates.

Le Maroc possède plus de 70 % des réserves mondiales de phosphate naturel, tandis que l’Algérie possède le quatrième stock mondial, rappellent Michaël Tanchum et Nerea Álvarez-Aríztegui.




« Rabat peut offrir à Alger des opportunités de participer au développement de la connectivité commerciale du Maroc. Cela cadrerait bien avec les efforts de Pékin pour intégrer la Méditerranée occidentale dans la Nouvelle route de la soie.

De son côté, l’Algérie doit se joindre aux négociations entre le Maroc et le Polisario pour sécuriser les futurs arrangements pour les Sahraouis », préconisent les auteurs, appelant Pékin qui se trouve dans une position stratégique avantageuse entre les deux parties à faire des propositions de transition qui les avantageraient.

« Le moment est venu pour la Chine de faciliter une interaction constructive entre Rabat et Alger. Ses efforts diplomatiques pourraient déterminer si la trajectoire du Maghreb occidental sera vers la coopération ou le conflit », concluent-ils.