Figuig: Les médias algériens présentent des versions contradictoires

Figuig : Les médias algériens présentent des versions contradictoires




Après quelques jours de silence, la presse algérienne a fini par aborder la colère des agriculteurs de Figuig.




El Khabar rapporte dans son édition du 16 mars que «des explosions ont été signalées le 20 février» dans la zone d’El Arja. Les «investigations» ont révélé ensuite que «les autorités marocaines ont entrepris le déminage de la zone avec l’objectif d’étendre les exploitations agricoles sur le territoire algérien».

Ainsi, selon la version du quotidien arabophone, l’Etat marocain serait au service des quelques dizaines d’agriculteurs d’El Arja. Face à ce développement le pouvoir algérien «a choisi de traiter le problème loin du tapage médiatique, préférant saisir les autorités de Figuig, du côté marocain, pour mettre un terme à cette situation», souligne El Khabar.




Et d’ajouter que «faute de réaction de la partie marocaine, les autorités civiles et militaires de la wilaya de Béchar se sont déplacées sur les lieux et ont demandé aux agriculteurs marocains qui se sont installés sur de nouvelles terres d’évacuer les lieux avec leur matériel, leur accordant un délai jusqu’au 18 mars pour le faire».

Une version sensiblement différente chez El Watan. Le quotidien francophone qui cite aussi «des sources sous couvert d’anonymat», avance la piste du trafic de drogue en provenance du Maroc. Une piste qui semble suivre les dernières sorties du commandement de l’armée et de ministres du gouvernement Djerad accusant le royaume d’inonder le marché algérien de quantités de cannabis.




«Depuis quelques semaines, des quantités de plus en plus importantes de résine de cannabis, en provenance de Figuig, sont saisies dans la région de Beni Ouenif et de Béchar.» Aussi «les autorités locales de Beni Ouenif ont pris attache avec leurs homologues de Figuig pour qu’elles informent les exploitants marocains qu’ils n’ont plus le droit d’accéder à El Arja».

«L’Algérie a le droit de sécuriser sa frontière avec un pays connu par les organismes onusiens comme étant le premier producteur de cannabis.» Malgré la présentation de versions contradictoires, El Khabar et El Watan s’accordent sur une chose : la souveraineté algérienne sur la localité d’El Arja.