Terrorisme: voici comment le Maroc traque les terroristes au Sahel

Terrorisme: voici comment le Maroc traque les terroristes au Sahel




Depuis quelques années, le Maroc est de plus en plus présent dans la lutte contre le terrorisme dans la région sahélo-saharienne. Membre de l’Africom, il entretient également des relations très étroites en la matière avec les États-Unis.




La stratégie marocaine de lutte contre le terrorisme a changé ces deux dernières années. Le Maroc, acteur régional de premier rang dans la lutte mondiale contre le terrorisme, a compris que le danger ne venait plus de l’intérieur, mais de l’extérieur, principalement de la zone sahélo-saharienne.

Aussi, les services sécuritaires ont-ils concentré leurs efforts non plus sur l’axe Nord-Sud et donc la coopération sécuritaire avec l’Europe qui reste toujours de mise, mais plutôt sur le Sud. Les récentes informations ayant trait à la stratégie sécuritaire, notamment en matière de formation et de coopération internationale, confirment ce virage.

Ce sont là les conclusions d’un dossier consacré à la question par le quotidien Al Ahdath Al Maghrebia, paru dans son édition du 19 au 21 mars. C’est connu, la région sahélo-saharienne s’est transformée ces dernières années en un foyer du terrorisme.




On y trouve à peu près de tout, Al Qaïda, Daesh et de multiples groupuscules terroristes. Le danger que cette nébuleuse terroriste menace les Etats voisins, dont le Maroc, est bien réel. Ces groupes extrémistes commencent à recruter des jihadistes depuis le Maroc.

En 2019, les réseaux terroristes éparpillés dans toute cette zone ont commis pas moins de 982 assassinats, soit 41% des crimes recensés dans cette région. Face à cette situation, explique le quotidien, le Maroc devait réagir et anticiper. C’est pour cette raison que le Royaume entretient des relations très étroites avec les États-Unis, qui le considèrent d’ailleurs comme un allié stratégique notamment dans le domaine de la lutte antiterroriste.

Le Maroc intervient également dans le cadre de la force multilatérale, Africom, mise en place à l’initiative des USA. Le Royaume a intégré cette force, créée en 2016, un peu plus tard, en même temps que la Tunisie, précise le quotidien.




Le Maroc et les Etats-Unis ont mis en place un mécanisme de coopération et de coordination sécuritaire qui est d’ailleurs l’un des axes du partenariat stratégique liant Rabat et Washington.

Autre signe de la valeur importante accordée par les Etats-Unis à cet aspect de leurs solides relations, l’ex-secrétaire d’Etat américain, Michael Pompeo, a tenu, lors de sa visite officielle en 2019 au Maroc, à se rendre au siège de la DGST, pour des entretiens avec le directeur général de la DGSN et de la DGST, Abdellatif Hammouchi, rappelle le quotidien.

Al Ahdath Al Maghrebia rappelle également que le Maroc a co-présidé, pendant deux mandats, le Forum global de lutte contre le terrorisme (GCTF). Bien sûr, en évoquant ce sujet, on doit évoquer les accointances entre le terrorisme et les séparatismes, les camps de Tindouf étant devenus un terreau de prolifération du terrorisme.




En effet, selon une récente déclaration médiatique du nouveau directeur du BCIJ, Cherkaoui Habboub, plus de 100 séparatistes du front Polisario s’activent au sein d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Il est également établi, souligne le responsable du BCIJ, qu’il y a un encadrement dans les camps de Tindouf et un endoctrinement assuré par les imams des camps.

C’est aussi un facteur qui a fait de la région du Sahel ce qu’elle est aujourd’hui: une menace aussi bien pour le Maroc que pour les autres pays. Ce constat nous renvoie à l’implication des éléments du front Polisario dans les groupuscules terroristes, soit au sein d’AQMI ou de l’État islamique au grand Sahara, souligne le quotidien.

Face à la dangerosité de ces organisations, la coopération sécuritaire régionale est une condition sine qua none pour anéantir la menace, précise le directeur du BCIJ, qui a déploré l’inexistence de coopération avec l’Algérie.