L’Algérie ne peut plus cacher l’épuisement de ses réserves en pétrole

L’Algérie ne peut plus cacher l’épuisement de ses réserves en pétrole




Non seulement les gisements actuellement en activité s’épuisent, mais, encore plus grave, aucune découverte majeure susceptible de redresser le volume des productions n’a été faite ces dernières années.




En Algérie tous les voyants sont au rouge car le pays aurait consommé plus de 60% de ses réserves de pétrole. Voilà pourquoi sa production est en baisse.

L’Algérie a connu son pic pétrolier entre 2005 et 2007 avec 2 millions de barils/jour, puis, la courbe décroissante s’amorça en 2008. Jusqu’en 2014, cette baisse de production fut voilée par l’envolée des prix.

Depuis le 3ème trimestre 2018, la baisse se fait dans des proportions inquiétantes. Cette année-là, la production algérienne a en effet baissé de 70.000 barils/jour avec une production d’un peu moins de 1 million de b/j (966 000), alors que les chiffres officiels étaient de 1,2 million b/j.




En 2020, selon les chiffres du ministère algérien de l’Industrie, le volume global d’exportation des hydrocarbures a baissé de 11% par rapport à 2019.

Non seulement les gisements actuellement en activité s’épuisent, mais, encore plus grave, aucune découverte majeure susceptible de redresser le volume des productions n’a été faite ces dernières années.

Ce sombre tableau n’est pas une nouveauté puisque, en 2012, Abdelmajid Attar, ancien ministre, et ancien PDG de la Sonatrach, avait déclaré que «le degré d’épuisement avancé de nos réserves nous impose de constituer une réserve stratégique pour les générations futures, à défaut de leur léguer une économie diversifiée capable de progresser par elle-même».




Le 24 février 2013, M. Abdelhamid Zerguine, PDG de Sonatrach affirma que l’Algérie aurait épuisé ses réserves de pétrole et de gaz conventionnel entre 2020 et 2025.

Il fallut cependant attendre le 1er juin 2014, et une déclaration fracassante faite par le Premier ministre algérien de l’époque, M. Abdelmalek Sellal devant l’APN (Assemblée populaire nationale), pour que le pays prenne conscience du drame qui se nouait: «d’ici 2030, l’Algérie ne sera plus en mesure d’exporter les hydrocarbures, sinon en petites quantités seulement (…).

D’ici 2030, nos réserves couvriront nos besoins internes seulement». Le Premier ministre confirmait ainsi les informations jusque-là demeurées confidentielles.




Cependant, le 21 janvier 2015, conscient des effets dévastateurs de sa déclaration du 1er juin 2014, le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, déclara que grâce à de nouvelles découvertes, l’Algérie allait pouvoir produire du pétrole jusqu’en 2037 au lieu de 2025…

Un maigre ballon d’oxygène qui ne remettait pas en cause la tendance à la baisse. Puis, dans le plus pur style de la «langue de bois», le ministre de l’Energie et des Mines de l’époque, M. Youcef Yousfi, expliqua à son tour que la baisse de production n’était due qu’au déclin naturel de vieux gisements pétroliers en production depuis les années 1960, et que la production allait bientôt recommencer à croître.

De plus, toujours selon le ministre, l’Algérie possédait d’immenses bassins sédimentaires non explorés dans lesquels des découvertes ne manqueraient pas de se faire.




Cet optimisme gouvernemental a, depuis, été tempéré par la plupart des spécialistes et cela, pour cinq principales raisons:

1- Si de nouvelles découvertes avaient lieu aujourd’hui, elles ne seraient pas productives avant 10 ou 15 ans. De plus, le coût d’un champ pétrolier ou gazier algérien est de 30 à 40% plus élevé que chez les autres grands producteurs de pétrole.

2- La plupart des «nouvelles» découvertes annoncées par le gouvernement ne concernent en réalité que d’anciens gisements déjà connus qui ne sont pas exploitables avec la technologie actuelle.

3- Certaines découvertes ont effectivement été faites, mais elles sont mineures et donc non susceptibles de renverser la tendance; d’autant plus que leur mise en production ne serait pas financièrement compétitive.




Pour parler clair, la production ne trouverait pas de débouché en raison de son coût.

4- Les chiffres concernant les potentialités pétrolières de l’Algérie sont faux parce que les autorités politiques confondent réserves et ressources. Or, l’extraction ne peut porter que sur 30% environ des ressources.

5- Si nous nous basons sur les chiffres officiels qui donnent des réserves exploitables de 12 milliards de barils, et comme la production est d’un peu plus d’un million de barils jour, le calcul est donc vite fait: dans 30 ans, soit en 2045, le pétrole algérien cessera de couler. Or, les chiffres concernant les réserves datent de 2000 et comme, depuis, le pays a produit du pétrole sans limites, ces dernières ont spectaculairement baissé, ce qui fait que l’Algérie pourrait cesser de produire du pétrole bien avant 2045.