(Vidéo) Désinformation: la télévision algérienne délocalise le hirak au Maroc

(Vidéo) Désinformation: quand la télévision algérienne délocalise le hirak au Maroc




Cocasse, comique et désinformant à volonté, un reportage de la télévision algérienne exhume des archives pour évoquer des «manifestations continues et importantes» au Maroc. Pendant ce temps, les images du Hirak algérien qui bat le pavé chaque vendredi sont, elles, allègrement censurées…




La deuxième chaîne de télévision publique algérienne a diffusé hier, lundi 22 mars, dans le JT du soir, un reportage sur de prétendues « manifestations continues et de plus en plus importantes à Rabat et dans plusieurs régions au Maroc ».

Ces marches seraient liées, à en croire le présentateur, aux protestations des enseignants contractuels, qui réclament leur titularisation dans la fonction publique, « mais pas seulement », a-t-il précisé.

Pour étayer ses dires, la chaîne algérienne a déterré de poussiéreuses images d’archives, datant de 2011 et de 2012, pour les livrer aux téléspectateurs comme s’il s’agissait d’images filmées… en mars 2021.




Et pour saupoudrer le tout d’un chouia d’analyse, la télévision publique a donné la parole à un soi-disant opposant marocain qui vit… en Argentine.

Cet opposant, ressemblant à s’y méprendre à un pitre, a complété cet hilarant tableau du reportage de la télévision algérienne.

Une œuvre digne du niveau du très cocasse « reportage de guerre » réalisé avec les milices armées du Polisario et diffusé par la TV3 algérienne, en janvier dernier. Voilà pour le côté comique, et désinformant à volonté, de la télévision algérienne.









Mais si l’on passait à un registre un peu plus sérieux… Celui de faits avérés, et journalistiquement documentés. Vendredi 19 mars dernier, des millions d’Algériens ont défilé à Alger et dans les principales villes d’Algérie.

Ils ont brandi des pancartes sur lesquels ils ont inscrit « Istiqlal! » (« Indépendance »). Plus qu’un slogan, « Istiqlal », véritable cri de ralliement, exprime le ressenti de populations qui vivent sous le joug de l’occupation ou de la colonisation.

Le peuple réclame, par ce terme fort, son indépendance vis-à-vis du régime militaro-oligarchique, qui a pillé le pays et appauvri le peuple. Pourtant, ces manifestations, qui ont rassemblé des millions d’Algériens, n’ont été traitées dans aucun média public.




L’agence de presse officielle APS s’est bandé les yeux et s’est bouché les oreilles. Les chaînes relevant du pôle public (ENTV) ont parlé d’une Algérie que les Algériens n’arrivent pas à reconnaître.

Est-ce que ces médias, qui méprisent la parole du peuple algérien, ont encore, ne serait-ce qu’une once, de crédibilité? Si ces médias cherchaient à transmettre un message de médiocrité et d’impuissance en diffusant un reportage sur des manifestations fictives au Maroc, ils n’auraient pas mieux agi.

Le régime algérien se trouve donc dans une grosse impasse. Il est dépassé par la déferlante du Hirak et par la clarté des slogans qui revendiquent un « État civil, et non pas militaire ».




La tension qu’il nourrit avec le Maroc, la menace qu’il brandit d’une « main extérieure », des « sionistes » qui seraient, prétend-il, aux frontières, voire les clivages qu’il ourdit entre islamistes et démocrates, rien, absolument rien, ne réussit à ébranler l’unité et la détermination du Hirak.

Dernier signe en date de l’extrême panique du régime: des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre trois principaux opposants pacifiques, établis en Europe, très actifs sur les réseaux sociaux, au motif de « terrorisme ».

En lançant ces mandats contre l’opposant et ancien diplomate Mohamed Larbi Zitout, le journaliste Hichem Aboud ou encore le blogueur et journaliste d’investigation Amir Boukhors (dit Amir Dz), le régime dévoile au grand jour la panne du système qu’il tente de maintenir, vaille que vaille. C’est indubitable: l’actuel régime algérien donne des signes manifestes de fin de vie.