Sahara marocain: l’Algérie en colère contre l’Espagne

Sahara marocain: l’Algérie en colère contre l’Espagne




L’Algérie comptait beaucoup sur un changement de position de l’Espagne sur la question du Sahara. Déçu et très en colère, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s’en est vivement pris au gouvernement espagnol dans une interview accordée à la presse.




La position de l’Espagne sur la question du Sahara n’a connu aucun changement. Le ministre algérien des Affaires étrangères ne s’attendait pas à une telle position, ferme et tranchée, de la part de son homologue espagnol. Le chef algérien de la diplomatie venait d’achever une visite officielle dans ce pays du Sud de l’Europe.

Il faut dire que l’Algérie misait beaucoup sur l’Espagne pour glaner quelque soutien international concernant ses thèses et celles de ses protégés du Polisario. Elle a donc dépêché son ministre des Affaires étrangères pour une visite officielle dont il est revenu bredouille, explique le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia.

En fait, c’est un journaliste de la Radio algérienne qui a été chargé de poser à la ministre espagnole la question sur le Sahara marocain, lors d’un point de presse et alors que le sujet ne faisait même pas partie de l’agenda de la visite.




Laquelle visite s’inscrit, en effet, dans le cadre des consultations traditionnelles et régulières entre les deux pays signataires, depuis 2002, d’un «Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération». Mais il faut dire que l’Algérie a quand même voulu arracher une déclaration qui conforterait sa position.

Or, la réponse a été sans appel. Très en colère, le ministre s’est adressé au gouvernement espagnol à travers une interview accordée au quotidien El País. Sabri Boukadoum, le ministre algérien des Affaires étrangères, a donc demandé au gouvernement espagnol de s’impliquer davantage dans le processus de règlement du conflit du Sahara.

Pour l’Algérie, l’Espagne ne peut faire fi de sa responsabilité historique vis-à-vis de ce dossier, rapporte Al Ahdath Al Maghribia qui reprend des extraits de cet entretien.




Le ministre algérien, poursuit le quotidien, a déclaré qu’il n’était pas aisé de gérer ce conflit qui dure depuis plus de 40 ans. L’Espagne, souligne-t-il, ne peut se cacher indéfiniment derrière les Nations Unies.

Mais, quand le journaliste lui a demandé comment l’Espagne pouvait s’engager davantage dans ce dossier, il a été incapable de répondre. «je n’ai pas de leçons à donner. L’Espagne ne peut s’exonérer de sa responsabilité historique. Il faut que sa position soit plus claire», s’est-il limité à déclarer.

L’Algérie, souligne Al Ahdath Al Maghribia, n’est pas sans ignorer que, le 26 février 1976, le Représentant permanent de l’Espagne auprès de l’ONU avait informé le Secrétaire général de l’époque, Kurt Waldheim, du fait que le gouvernement espagnol mettait définitivement fin, à compter de ce jour, à sa présence dans le territoire du Sahara.




L’Espagne avait également précisé, dans cette lettre, qu’elle se considérait désormais dégagée de toute responsabilité à caractère international en ce qui concerne l’administration dudit territoire.

Aujourd’hui, pour la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, la position de l’Espagne reste inchangée, défendant une solution politique, juste et négociée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, note le quotidien.

Elle a signifié à son homologue algérien que l’Espagne maintiendrait cette position. Bien sûr, ajoute le quotidien arabophone, une telle déclaration a eu l’effet d’une douche froide pour la presse du voisin de l’Est, à la solde des militaires au pouvoir. Les médias algériens ont ainsi considéré que la position espagnole était pour le moins «décevante».