France: Le Sénat vote l’interdiction des prières dans l’enceinte des universités

France : Le Sénat vote l’interdiction des prières dans l’enceinte des universités




Dominé par la droite, le Sénat français a adopté, mardi, plusieurs nouveaux articles au sein du texte contre le séparatisme, au sixième jour d’examen du projet de loi sur le respect des principes de la République. Ainsi, pour «renforcer la neutralité à l’université», les sénateurs français ont adopté une nouvelle disposition interdisant l’exercice du culte dans l’enceinte d’une université.




Selon Public Senat, cet amendement ne concerne pas seulement les salles de cours ou les amphithéâtres, mais peut également s’appliquer dans les couloirs ou encore les sanitaires.

«Nous devons refuser la pratique des prières dans les couloirs des universités. L’exercice du culte dans un lieu inapproprié ne me semble pas acceptable dans notre République», a insisté le rapporteur (LR) Stéphane Piednoir.

Introduit au moment des débats en commission, l’article a été dû être précisé en séance, après plusieurs «remarques» sur sa portée large.




Stéphane Piednoir a fait adopter un amendement excluant les locaux mis à disposition des aumôneries du champ de l’article, mais aussi les établissements de l’enseignement supérieur d’Alsace-Moselle, où les dispositions sont différentes.

Toutefois, même avec ces modifications, la rédaction proposée reste «source d’ambiguïté» et ne règle pas toutes les difficultés, selon le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, opposé à l’article.

Les sénateurs communistes et écologistes, de même que le gouvernement, ont tenté de supprimer cet article.




«Nous ne pensons pas que la laïcité doive conduire nécessairement à écarter de l’espace public toute forme d’expression religieuse.

Cette vision de la laïcité n’est pas conforme à l’esprit de la loi de 1905», a déclaré Pierre Ouzoulias (PCF). Daniel Salmon, sénateur écologiste, a pointé un texte qui est «restrictif» et qui est «inutile».

La semaine dernière, la droite au Sénat français avait approuvé un amendement prévoyant une interdiction des drapeaux étrangers dans les salles de mariage et aux alentours l’Hôtel de ville par les maires.