La France regrette la création d’un comité du parti d’Emmanuel Macron au Sahara

Ouverture d’une antenne LREM à Dakhla: le gouvernement français «regrette» la décision du parti d’Emmanuel Macron




L’annonce de la création d’un comité de La République en Marche (LREM) a fait l’objet d’une intervention, ce mardi, d’un membre du gouvernement français à l’Assemblée nationale. Il «regrette» la décision du parti présidentiel.




L’ouverture d’une antenne à Dakhla de LREM, le parti fondé par le président français Emmanuel Macron, a fait l’objet d’une intervention à l’Assemblée nationale, ce mardi 13 avril 2021.

Répondant à une question du député du parti communiste Jean-Paul Lecoq, bien connu pour être un relais de la propagande du régime militaire algérien en France, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a affirmé que «le gouvernement français « regrette » la décision du parti présidentiel LREM d’ouvrir un comité au Sahara occidental», selon l’AFP.

«C’est une initiative prise localement que je regrette et qui ne change rien à la position de la France sur cette question hautement sensible», a précisé le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.




Clément Beaune a rappelé la position traditionnelle de la France sur le conflit du Sahara, favorable à «un processus politique dans le cadre de la légalité internationale et des Nations Unies».

Il a ajouté: «dans cette perspective, reconnaissons-le, le plan d’autonomie marocain est une base de discussion sérieuse et crédible qu’il faut prendre en compte».

La question qui se pose: si la décision de La République en Marche de créer un comité à Dakhla est une initiative partisane, du reste locale, pourquoi un membre du gouvernement français est-il tenu de la «regretter»? Quand on sait que La République en Marche détient une majorité très confortable à l’Assemblée nationale, on peut se demander à quelle partie M. Beaune adresse son repentir.




La République en Marche fait passer toutes les lois qu’elle veut sans avoir à composer ou négocier avec un autre parti politique.

L’hypothèse que cette réponse soit motivée par la volonté de ménager les sensibilités d’un autre parti dans une composition polycéphale est à écarter. Pourquoi, dès lors, le gouvernement français exprime des regrets par rapport à la décision souveraine d’un parti politique, fut-ce celui du président Macron?

Clément Beaune, un marcheur de la première heure, qui a fait ses premiers pas dans la politique en tant que membre du cabinet d’Emmanuel Macron, quand il était ministre de l’Economie, sait pertinemment que la décision de l’installation d’une antenne La République en Marche à Dakhla n’est en rien responsable de l’irritation du régime algérien.




L’irritation du régime algérien a d’ailleurs conduit à l’annulation du déplacement de Jean Castex, dimanche 11 avril, à Alger. La vraie raison, c’est l’absence dans la délégation ministérielle française de Gérald Darmanin, sur lequel reposaient tous les espoirs du pouvoir algérien pour faire taire Hichem Aboud et Amir Dz, deux voix qui sont très écoutées par le peuple algérien.

En admettant même que M. Beaune soit la voix de son maître, l’Assemblée nationale n’est pas le lieu pour qu’un gouvernement recadre un parti politique.

En agissant de la sorte, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes confère un coefficient surdimensionné à «une initiative qui a été prise localement» et lui donne une résonance qui va susciter bien des interrogations.